Category

Blabla / News

Journal – Accrochés à la mémoire

By | Blabla / News, Dessins | 2 Comments

Mes filles ont eu un an.

Et bien évidemment, je n’ai pu m’empêcher de faire un point au sujet de mes fils aussi, et la part de moi qui restera à jamais Mamange.

En ai-je jamais réellement parlé ici ? Je ne pense pas. Je ne me souviens pas l’avoir fait. Pas ouvertement en tout cas. Je crois que je n’ai jamais raconté… un jour peut être, mais aujourd’hui ce n’est pas le sujet. C’est juste une pensée que j’avais envie de poser.

Une pensée habituellement contenue. Un flot de nuages qui passent en arrière plan, et auxquels je ne consacre qu’assez peu de temps. C’est que la vie continue, même quand on s’arrête un instant. Difficile de toujours suivre le fil qui s’étire constamment..

C’est fou de se dire que j’y pense encore autant. Fou de se dire que c’était il y a « si longtemps » alors que ça sonne encore comme si la blessure était d’avant hier ou à peine avant..

C’est toujours aussi douloureux de se dire l’âge qu’ils auraient eu. Que peu importe que les saisons défilent et que leurs sœurs grandissent, eux resteront pour toujours plus petits qu’elles. Peu importe l’enchaînement sans fin des jours et des nuits, là où leurs sœurs sont pleines de vie eux resteront à jamais « endormis »..
Ça fait toujours autant pleurer de ressentir leur manque. De se dire qu’on n’a pas pu voir leurs petites mains serrer mes doigts, qu’on a jamais pu entendre leur voix, caresser leur cheveux, respirer leur odeur. Que nos yeux n’auront jamais vraiment croisé les leurs…
C’est si vain d’imaginer la couleur qu’ils auraient préféré, quelles chansons les auraient le plus enthousiasmés… comment ils auraient été avec leurs petites sœurs.
J’ai tellement d’idées et de questions… Et peu importe ma volonté, elles iront toujours s’écorcher sur le mur d’une irrémédiable ignorance.

Mes fils ne connaîtront jamais mes filles. Mes filles ne connaîtront jamais leurs frères. Je pourrais leur en parler, plus tard, comme je pourrais. Mais ce sera tout. Ils ne représentent rien pour personne d’autre que nous, leur paranges.

Je ne sais même pas pourquoi j’écris ça ici, ni où je veux en venir, ni si je le publierai ou non. Je sais seulement que mon coeur conserve en permanence une perle de regret, qui certains jours pèsent une tonne.
Pourtant je suis déjà débordée avec deux bébés en pleine santé. J’aurais probablement été encore plus submergée avec deux petits bouts supplémentaires. Mais dans toute uchronie, c’est la beauté de l’imaginaire, la logique peut bien être enterrée.. et le coeur s’inventer une maman qui aurait géré, au moins à sa manière..
La fête des mères approche, et ça me donne un écho lancinant étrange.

J’ai deux petites fées qui grandissent à vitesse grand V. Et deux chérubins, à jamais hauts comme trois pommes. J’ai deux filles et deux fils. J’ai quatre enfants. Quatre fois plus que prévu initialement. Non vraiment… je ne sais pas où vont mes pensées… C’est un méli-mélo qui sort n’importe comment.. mais ça fait du bien, de temps en  temps, de les confier aux quatre vents.

Enfin bref… j’ai eu envie de refaire un petit dessin d’eux, tels qu’ils sont accrochés à ma mémoire. Un dessin que j’imprimerai en quatre exemplaire : un par album d’enfant.

Et même si ce n’est pas leurs journées à eux, comme je ne pense pas faire un article spécifique chaque fois, je pose ça là, car 2023 c’est encore une année de plus qui s’ajoute au compteur : Doux Anniverciels, mes éternels bébés.

 

Un an – Bilan

By | Blabla / News | 4 Comments

C’était il y a un an.

Déjà un an. C’est fou…
Deux petits êtres tous nouveaux s’invitaient dans mon quotidien de façon très très tangible. Bouleversant tout avec leur arrivée, ils ont chamboulé mon corps, mon cœur, et ma tête.
On a beau se préparer, on a beau savoir ce qui nous attend et ce que l’on sacrifie : on n’est jamais prêt. La connaissance d’une chose n’est en aucun cas la vivre. Cela aussi, je le savais déjà, mais je le ressens encore plus maintenant. On est peut-être – au mieux – mieux préparé, mais c’est tout.

Déjà un an..

Un an à courir pour s’occuper au mieux d’elle et à oublier totalement de m’occuper de moi, car quand est-ce que j’en aurais trouvé le temps de toute façon ? Un an que j’ai de plus en plus perdu forme humaine, et que je ne me sens plus comme « une personne ». Factuellement si je suis honnête, un an de mal-être, pesant et profond, et de mal-manger sur le pouce et (#retour en force de la boulimie : de) grignotage pour compenser : le manque de temps, le manque de sommeil, le manque d’intimité, le manque de détente. Le manque de presque tout.
Un an de douleurs connues pendant la grossesses, ou nouvelles dues à mon surpoids, de déprime parce que plus rien ne me va, que dans le miroir je ne me reconnais plus du tout, que le temps ou l’énergie je n’en ai jamais beaucoup…

Or je suis seule la plupart du temps, avec deux bébés d’un coup alors que ce sont les premiers nés vivants. Dix à douze heures par jour seule avec elles, tous les jours, sans jamais de pause. Pas de weekend, pas de vacances. Et je n’ai pas vraiment eu d’entraînement avant.. Lui fait le service du matin, et m’aide le soir et le weekend. Et en général, je le laisse aussi se lever la nuit, sinon je m’écroule complètement.
Avant et pendant la grossesse qui a été si compliquée, tout n’a été que gouffres à énergie, me laissant exsangue de base. Et isolés comme nous sommes tous les quatre, personne ne peut réellement nous venir en aide autrement que très ponctuellement (même si on a des proches extra-ordinaires qui ont pris sur eux de venir nous soulager un peu au début*, le temps qu’on prenne quelques marques).  Alors forcément, c’est éprouvant.
Ce n’est pas pour rien que l’adage affirme qu’il faut tout un village pour élever un enfant… c’était possible dans un autre temps, ça ne l’est plus vraiment, mais ça devrait, ça me semble évident.

Un an d’improvisation et de pifomètre comme on pouvait, car il n’y a définitivement pas de mode d’emploi. Aucun emploi du temps fixe de défini. Impossible de prendre une habitude et presque impossible de prévoir la moindre petite chose.
D’une semaine sur l’autre, tout change. La qualité de leur sommeil, leur accueil des repas, leur façon de jouer.. Certains changements sont plus radicaux que les autres, et opèrent parfois du jour au lendemain, sans préavis, nous laissant sacrément démunis.. Sans vraiment le vouloir, elles « décident ». Et toute nouveauté imposée par Papa/Maman se paie, parfois très cher et longuement. C’est ainsi.. tout ne peut pas être tout rose..

Non, tout ne peut pas être tout rose, même si tout n’est pas noir. Histoire d’expliquer ce ressenti (et m’auto-souligner dans un coin de ma tête que je suis encore là malgré tout ça, à tenir le cap -tant bien que mal- alors que je ne m’en pensais pas capable), je vous donne trois faits :

– En une année, il n’y a que que 5 jours où je n’ai pas pleuré du tout, et 2 où ce n’était pas en lien avec mes filles. L’équivalent d’une semaine. Une semaine sur cinquante-deux. J’ignore si c’est assez parlant pour décrire la détresse qui m’a collé au corps et à l’âme. J’essaie de me dire que ça prouve que j’ai des ressources insoupçonnées..

– De la même façon, sur un an, et en heures cumulées, j’ai confié les filles à d’autres personnes moins d’une semaine en tout et pour tout (dont la plupart grâce à ma mère qui nous a donné de l’argent pour une auxiliaire – qui aurait dû être de puériculture et qui était « de vie », #arnaque – à domicile). Et il y a eu *une semaine où mon héro de toujours et mon incroyable Belle-Soeur ont été présents avec nous pour nous soulager. C’est déjà merveilleux, mais au total, cela ne pèse pas lourd je vous avoue..
J’ai fait de mon mieux, je me suis donnée à fond. Mais là je ressens un réel besoin de souffler un peu, et j’ai eu beau chercher, je ne vois pas d’autre solution. Alors même si je culpabilise, je vais voir pour les confier à une assistante maternelle, en dehors de la maison, pour souffler par à-coups.

– En dehors de quelques petites choses que nous surveillons, il n’y a « rien à signaler ». Rien qui soit grave ou vraiment inquiétant. Les filles ont une courbe de croissance normale. Comme si elles n’étaient jamais arrivée en avance. Malgré mes doutes, mes peurs, mes loupés… J’imagine que ça veut dire qu’on ne s’en sort pas si mal ? Reste à espérer que dans leurs petites têtes et coeurs, tout aille aussi bien que dans le reste de leurs corps… En tout cas, même si je n’ai pas l’inépuisable patience que j’aurais souhaitée, ni l’énergie que je voudrais, même si je « râlouille » dans ma barbe assez régulièrement, j’ai « réussi » en partie l’un des points qui me tenait le plus à coeur. Car au final, je crie peu, je ne dis rien de méchant sur elles à mes filles, et je ne les frappe pas. C’est moins évident qu’il n’y paraît, car la détresse peut pousser à des actes qu’on n’aurait jamais pensé faire… C’était ma plus grande peur, en venir à ce genre de choses avec elles. Ça l’est toujours : je ne prends rien pour acquis. Et je prie pour tenir le coup.

Bref. Du coup, un an donc à apprendre d’elles et pour elles, plus que je ne leur apprends quoi que ce soit.
À devoir affronter d’anciennes blessures que je pensais avoir soignées, ou dont j’ignorais encore l’existence en moi.

Un an très très chargé. Un an très très compliqué. Le premier d’une longue lignée.
Physiquement, mentalement.. à tous les degrés, et à prier qu’elles se sachent aimées.

Un an de pleurs. Un an de cris. De frustration des deux côtés, de communication bridée. D’impuissances subies.
Un an avec, quand même et heureusement, des rires et des sourires aussi. Des moments de partages simples et radieux de mignonneries..

Un an de découvertes, et de galères modèle géants, Mais un an de fascination et d’émerveillements également.
Devant la vitesse à laquelle tout évolue, devant leur étonnant développement, leur opiniâtreté et leurs réussites inconscientes. À fondre devant un regard, ou la venue d’une petite dent. À s’émouvoir d’une petite main qui serre mon doigt fermement, chaque fois pareil et pourtant toujours différemment..

Peut-être que c’est « suffisant ». Peut-être qu’il est impossible de faire plus actuellement.
Peut-être.

Elles vont gagner en autonomie, lentement, mais sûrement. Comprendre qu’elles sont deux et donc jamais seules. Qu’elles peuvent jouer ensemble… Je l’espère en tout cas.
Elles finiront par parler, apprendre à exprimer autrement que par hurlements ce qui ne leur convient pas, ce qu’elles ont ou n’ont pas. On va réussir à communiquer de façon moins incertaine, petit à petit. Bien sûr, on aura d’autres soucis après. Mais je me force à ne pas y penser.  Pour le moment, faut tenir le coup et c’est tout, y’a pas le choix. Alors j’essaie de « positiver » quand je peux, au maximum de mes maigres capacités..

Car les jours sans pleurer sont tous « récents ». Ils n’arrivaient pas avant, mais existent maintenant, et je veux croire que ça veut dire que ça s’améliore, tout doucement.
Les filles commencent – quand elles sont motivées – à s’occuper toutes seules sur des périodes raisonnables, même s’il faut toujours les rassurer fréquemment : oui je suis là, oui je te regarde, oui je t’entends.. Elles rient quand même bien dès lors qu’on joue avec elles, et elles ont des yeux bourrés de malice quand nos regards se croisent. Elles sont curieuses, déterminées, et tant d’autres choses encore. Alors, oui, elles râlent beaucoup (peut être comme leur mère au fond finalement), mais elles ont globalement une joie de vivre communicative quand tout va bien, et ça me donne envie de protéger ça, aussi fort que possible, car qui le fera si ce n’est leurs parents ? C’est notre rôle, malgré les épreuves et le quotidien éreintant… et puis il y a cette maxime qu’une amie m’a offerte en passant :

« Tout passe ».

C’est mon mantra. Je m’y accroche comme à une bouée, et je me le répète jusqu’à ce que tout le reste se soit dispersé.

Tout passe. On finira par y arriver. Ça va aller. Faire au mieux, si besoin réparer, accompagner, et surtout, surtout, ne pas cesser d’espérer, ne pas oublier qu’aussi dur que ce soit, c’est une chance qui nous est donnée, et que d’autres n’auront jamais.

Un an d’espoir et de gratitude entre deux tsunamis.
Un an de vie.

Joyeux anniversaire mes diablotines chéries.

 

Lever les ténèbres

By | Blabla / News, Réflexions | No Comments

Cet article là, je l’ai commencé il y a maintenant un bon moment, je dirais deux ans, ou pas loin..
Il est peut être temps de le partager aussi, après mise à jour rapide.

J’aurais mis quinze ans à réaliser, presque seize au final.
Quinze années pour affronter l’un des plus ténébreux fantôme de mon passé, l’un des plus lourds à porter. Et j’ai eu envie d’en parler.

Quand j’étais plus jeune, je rêvais toutes les nuits. La plupart du temps de jolis rêves, d’incroyables fantaisies. J’attendais chaque jour la nuit pour me réfugier dans ses bras de velours. Avec elle, je vivais mille vies, dans plus de mille couleurs. Je faisais mille rencontres, mille voyages, et je n’avais jamais peur. Les cauchemars étaient peu nombreux, et c’étaient toujours les mêmes. Rares étaient les réveils qui se faisaient dans la douleur. Elle était le remède à mes journées de peine, ma meilleure alliée, si belle avec ses constellations oniriques et son voile ébène..

Il aura suffit d’une à deux années pour que tout bascule sans même que je ne m’en aperçoive.

Une personne a brisé mon rythme et mes habitudes, et presque tout de moi, en fait. Cela me déplaît de lui donner tant d’importance, mais avec le recul, le constat est édifiant : cette personne n’a pas seulement tout brisé de mes journées; en cours de chemin elle m’a aussi volé la nuit, la seule amie que j’avais vraiment à l’époque, avec les livres et l’ordi…
Petit à petit, en changeant tout, en volant toujours plus, même ce qui ne se dit pas sans détresse, elle a maudit l’obscurité autant que le reste.. Les jolis rêves se sont petit à petit effacés, remplacés par toujours plus de noirceur.. faisant ressurgir toutes souffrances jusqu’ici ignorées, et en édifiant de nouvelles.
Le terreau était déjà largement là, lui facilitant le travail, je n’ai pas su voir ni comprendre que j’aurais pu et dû me défendre. Ou fuir…
Cette personne avait pris soin de m’isoler totalement très tôt, alors j’imagine que le fait de m’être retrouvée seule face à cela n’a pas aidée. Parler demandait un courage incommensurable, et personne n’avait envie d’écouter, ou de comprendre les mi-mots, les demi appels à l’aide. Personne n’a cru. Personne n’a agit… sauf moi. Un ultime élan de survie que moi-même je n’ai pas compris, mais que je remercie aujourd’hui.

Du jour où j’ai réussi à m’extraire de ses filets, je n’ai presque plus jamais rêvé. Je n’ai fait que cauchemarder.
Tout ce qui avait pu être avant, pendant, et tout ce qui était désormais me hantait chaque fois la nuit tombée, au point que j’ai souvent eu peur d’aller me coucher… Je dormais à côté de mon écran, du son en permanence auquel me raccrocher, une petite lumière allumée. Même ainsi, je ne pouvais guère y échapper. Des cauchemars nombreux, douloureux, qui me faisaient me réveiller en train de m’étouffer, de pleurer, de transpirer, de hurler, et en ayant envie d’en terminer… j’ai eu beau m’abrutir de jeux, de livres, de tout ce que je pouvais, je ne parvenais qu’à limiter leur emprise le jour. La nuit demeurait un enfer sans fin..

Tant bien que mal, je m’y suis faite. J’avais renoncé. Renoncé à me réveiller revigorée. Renoncé à rêver ces belles choses qui m’avait tant portée… Je me croyais punie pour une faute que j’aurais faite, ou pour le seul fait d’avoir toujours été imparfaite. J’avais accepté ce châtiment inexpliqué comme je pensais avoir acceptée chacune des choses qui m’était arrivée… je me trompais, mais je l’ignorais.

J’ai bien essayé d’affronter ça avant, mais me heurtant à des dénis, de l’indifférence, et ce genre de choses, j’avais fini par me convaincre que j’avais peut-être tout rêvé/cauchemardé, ou que c’était « normal ». La vérité c’est que c’est tellement « commun » que bien des gens n’y font pas attention, c’est tellement loin des clichés véhiculés partout et qui arrangent bien ceux qui commettent ces méfaits ordinaires ou souhaitent continuer à les ignorer… et c’est compliqué de cheminer seule sur un chemin pareil, sans personne pour nous conforter dans l’idée qu’on fait bien, que non ce n’était pas normal, etc.. répétez à n’importe quelle personne qu’elle est folle ou mytho assez souvent assez longtemps, et elle finira par le croire elle même..

Les années passant, la thérapie m’a aidée sur bien des sujets, l’Amour de mon conjoint aussi, lui qui a su adoucir la solitude que l’on ressent la nuit, seul face à soi-même. Combien de fois l’ai-je réveillé car la douleur était trop forte pour ne pas craquer ? Combien d’heures nocturnes a-t-il passé à me consoler, sans me juger ? On s’est habitués. C’était ainsi : je me réveillais plusieurs fois par nuit en proie à des crises de larmes, de paniques, d’angoisses ou de douleurs. À moitié réveillé la plupart du temps, il me prenait dans ses bras, me murmurant que c’était passé, que j’étais en sécurité et qu’il m’aimait… ce que j’ai pu m’en vouloir de lui infliger celle que j’étais. Ce que j’ai pu me détester de me sentir ainsi perdue et brisée…(sans compter ceux de mon entourage qui me dépeignaient comme un boulet à ses côtés.. une autre source de cauchemars qu’il a fallut traiter..)

Et puis en 2021, après un long, très long chemin de pensée, j’ai contacté une association sur un thème bien précis. Je leur ai livré sans fard mon témoignage sur cet épisode que j’avais cru enterré mais dont je ne parvenais pas à me débarrasser. J’ai tout déballé, même les passages les plus choquants, ceux dont je crevais encore de honte de même juste y penser. Je n’ai rien caché.
Je crois que j’étais prête à assumer au moins en partie, ou du moins, à entendre la vérité – au moins juste une fois. Car au fond, une petite voix hurlait. Depuis toujours, elle savait..
Et le verdict est tombé.
Je l’ai accueilli comme je ne sais quoi : avec peine, avec douleur, avec colère, et avec soulagement… il était temps.

Oui, pendant deux années, cet ex m’a abusée, mentalement comme physiquement.

Oui, il y a eu violences, et pas seulement verbale et psychologique, ignorées ou minimisées si j’avais le malheur d’en parler. Oui, il y avait eu viols. Répétés, et niés. Oui, j’ai porté ça seule pendant des années, puis à mi-mots avec mon conjoint qui a tout accepté, et rien brusqué. J’ai reconstruit, à force de volonté -et de retours en arrière involontaires parfois-, un semblant de confiance en moi, une confiance en l’autre, un vague sentiment de communion et d’appartenance avec mon corps, et un milliard de petites choses qui n’ont l’air de rien mais qui changent absolument tout… Mais il manquait quelque chose, quelque chose de crucial : l’intégration.

Il me manquait de regarder en face les faits, leur violence et leurs effets, d’admettre que tout cela était bien réel – aussi dur que ce soit -, de me laver de la culpabilité que j’en ressentais, de lâcher la colère que j’avais réprimée, d’accepter le désespoir que cela avait engendré, de réaliser tout ça et de l’intégrer à mon histoire sans le laisser me résumer.

J’ai re-traité la chose en thérapie, en profondeur et sans déni cette fois-ci. Et les mois ont passé. Jusqu’à ce qu’un matin je me réveille en réalisant pour la première fois : « ma nuit était noire« . Je n’avais pas rêvé, je n’avais pas cauchemardé. J’avais simplement dormi. Pas de douleurs au réveil. Pas de larmes au milieu de la nuit. Pas d’angoisse provoquant ensuite une insomnie. Une nuit sans son, et sans image… alors j’ai observé mes nuits, l’une après l’autre, et j’ai compris. J’ai compris que la plupart de mes cauchemars étaient partis. Simplement comme ça, lentement, « normalement »…

Le poids dans ma poitrine était plus léger aussi. La boule de haine qui s’était implantée quinze ans auparavant, et contre laquelle j’avais lutté de toutes mes forces pour n’en laisser que des résidus informes n’était tout bonnement plus là. Pas même en poussière. Reste de vagues grains de colère qui font partie de moi, mais rien de si lourd qu’avant à porter.

 

Quinze années, et un zeste de besoin d’en parler pour l’encrer dans la réalité, mais la page peut enfin se tourner désormais…

Je n’aurais jamais cru que ça puisse réellement arriver… par moment je me demande même si cela va durer… Je me sens toujours amputée de ces rêves qui comptaient tant pour moi, mais j’arrive à me contenter de la chance d’avoir connu ça. L’essentiel est que les ténèbres qui m’entouraient se dissipent. Car pendant plusieurs mois d’affilé je n’ai plus fait de cauchemars multiples chaque nuit.
Il y a bien autre chose qui a ensuite perturbé mon sommeil depuis, mais rien à voir. C’est que ça chamboule tout, une grossesse (surtout quand ça se passe mal) et des bébés. Et puis mes peurs qu’il leur arrive quelque chose se manifestent la nuit comme toutes mes peurs, mais ça reste très différent, et bien moins systématique. J’ai bien quelques rêves désagréables encore, par-ci par là, et quelques cauchemars qui perdurent, mais pas sur ça, plus toutes les nuits, pas plus d’une ou deux fois par nuit, et rien d’aussi horrible qu’avant.
C’est vrai, les beaux rêves fantastiques ne sont pas revenus, mais qu’importe aujourd’hui. C’est déjà pour moi un miracle que, quand aucun pleurs ne résonne, j’arrive à dormir sans souffrir..

Quinze ans de vie, voilà ce que ça m’aura pris,
mais désormais, je n’ai plus peur de la nuit.

Petits Plaisirs

By | Blabla / News, Geekerie | No Comments

Et c’est re moi !

Je n’ai pas encore pu partager pour 2022 les petits plaisirs que je me suis offerts.. et j’ai eu envie de le faire ! J’aime bien partager ce que je reçois ! D’habitude je fais ça petit à petit, mais je me suis un peu laissée déborder là ! Bref.

Donc, cette année 2022, je m’étais allouée un budget « pour moi ». Pour me faire plaisir, et soutenir les gens dont j’aime le travail. Pas juste « 5€ s’il en reste en fin de mois », non. Un vrai budget. Chaque mois, X euros pour moi, me faire vraiment plaisir et/ou prendre soin de moi.
D’habitude, je n’ose pas dépenser d’argent pour moi-même. En fait, je n’avais même jamais vraiment osé le faire. Je prenais toujours le moins cher et/ou uniquement si c’était vraiment « important ».
Là, avec la chute drastique de mon amour-propre (s’il en restait) avec la grossesse chaotique qui a radicalement changé mon corps, et le tumulte qui a pris ma vie en otage (car n’arrivant pas à décrocher, je trouve à peine le temps de manger, dormir et me laver depuis l’arrivée des filles), j’ai eu besoin de « compenser ». Autrement que par la nourriture s’entend (même si je fais toujours, hélas). Ma thérapeute m’y a encouragée. Ce budget, c’était pour me dire que, malgré tout, je méritais quand même de prendre un petit peu soin de moi, physiquement et moralement.

Au début, je me suis retrouvée un peu perdue. Je n’ai pas su tout de suite quoi en faire. Et puis les opportunités se présentant, j’ai fait des choix (ça aussi, c’est nouveau pour moi !). Je me suis offert une visite chez le coiffeur, un « soin du visage » (je découvrais complètement, je ne suis pas plus fan que ça, mais une fois dans la vie, c’est sympa), et des « cadeaux » : des ouvrages de dessineux principalement.

* Le Calendrier & 1 Print de Groonia :
Jeune dessinatrice que j’ai découvert en 2022, il y a une douceur et une innocence dans ses œuvres qui m’a fait complètement fondre. J’ai eu envie de la soutenir et quand l’occasion s’est présentée, je l’ai fait. J’ai pris une version noir & blanc de son calendrier : je vais pouvoir m’amuser à la colorier, ça m’entraînera peut être à l’aquarelle. Je vais aussi photocopier les dessins en noir & blanc avant pour que les filles aient d’adorables coloriages (beaucoup) plus tard. J’ai aussi pris un print d’un dessin trop mignon pour l’afficher dans leur chambre. Avec ma commande, elle avait gentiment glissé un de ses polaroïds ♥ (son instagram)

* L’Artbook de Pascal Campion :
ça fait un moment que je voulais pouvoir me payer l’un de ses artbooks.. Je l’ai découvert vers 2008. C’est d’ailleurs notamment lui qui a fait que je me suis inscrite sur le site DeviantArt, bien que pendant longtemps je n’ai pas osé y poster quoi que ce soit. Bref. Si j’avais pu, je me serais procurée un de ses ouvrages d’avant, mais ils sont introuvables, alors quand j’ai vu que celui-ci allait arriver, même si les dessins ne sont plus tout à fait les mêmes (c’est un ressenti, il y a, à mon sens, moins d’insouciance dans ses dessins les plus récents), je me suis jetée dessus. Heureusement il y a quand même beaucoup de dessins de lui que j’aime dedans, il reste talentueux et juste.
Cet homme a une façon de rendre des moments de quotidien avec une telle poésie… Quelques traits bien placés, des couleurs incroyablement bien gérées, et il vous crée une atmosphère unique à chaque fois.. Il a aussi des séries plus introspectives, et ses mots font presque toujours mouche. Je ressens un réel écho devant ses dessins, alors il y aura au moins un de ses ouvrages dans la maison ! Je pourrais le faire découvrir aux filles plus tard. (son instagram)

* L’Artbook de Yuumei :
Deuxième artiste qui m’a motivée à créer mon profil DeviantArt. Dans ses dessins, je sens un esprit douloureusement conscient de tout ce qui ne va pas dans ce monde, et pourtant l’envie d’y croire encore, malgré tout. J’y perçois également un désir de vivre malgré toutes les épreuves, un besoin de candeur, et une adoration de la Nature, méritant qu’on se batte pour elle, qui ne peuvent que parler à mon coeur. Certaines de ses œuvres sont vraiment magnifiques.. et elle organise beaucoup de ventes de charité (redistribuant les profits à des associations). J’avais envie de la soutenir et d’avoir un de ses ouvrages à la maison aussi, c’est désormais chose faite. (son instagram)

* L’Artbook de Feefal :
Je suis cette artiste depuis quelques temps déjà, mais tout de même, pas autant que la plupart de ceux dont j’ai fini par prendre un ouvrage en soutien. J’aime beaucoup, mais je suis aussi interpellée par ce qu’elle fait parfois, et je pense que c’est ça qui m’a motivée pour son artbook sur ce coup là. Quoi qu’elle voit, elle peut le penser en un personnage aux traits tout en douceur. Sa série de champignons version humanoïdes me plaît beaucoup. Elle associe également régulièrement noirceur ou étrangeté et mignonnerie (joli personnage avec coeur, squelette, ou muscles visibles, ce genre de chose). Je ne saurais pas vraiment décrire, mais même si je n’ai pas encore cerné quoi, elle a quelque chose dans ses dessins qui m’attire. Le mieux pour se rendre compte c’est encore d’aller voir par vous même (son instagram).

* Rogatons de Boulet :
Ah, Boulet ! Je le considère vraiment comme un génie du dessin, et pas seulement. Avec sa voix de conteur, je passe de supers moments quand je me pose devant ses lives (même si moins souvent maintenant, forcément). Il m’a fait découvrir des choses, en apprendre, il m’a fait rire par ses blagues et ses minis bd plein de fois, et ses points vues sur certains sujets me parlent ou m’incitent à la réflexion en douceur. Il est juste génial, artistiquement, et humainement. Je n’ai au final que peu de ses ouvrages (la place, les prix, etc.). Mais là, il s’agit d’un recueil de ses mini-bds récentes, et j’ai tellement ri en les lisant sur ses réseaux, je me suis dit que c’était l’occasion de le soutenir un peu plus (car il est passé par les éditions Exemplaires). Et voilà ! (son instagram)

* L’Oeil du Cyclone de Théo Grosjean :
Là c’est particulier. Ça a été un coup de tête. Je lisais ces strips sur instagram « l’homme le plus flippé du monde ». Avec mes troubles anxieux, j’y trouve un écho qui dédramatise un peu, et le fait de voir ça représenté, ça fait curieusement du bien. On se dit « je ne suis pas la seule à vivre de telles angoisses ». On a beau savoir, raisonner, relativiser, c’est compliqué de vivre avec des angoisses quasi permanentes pour tout, un cerveau qui extrapole tous les pires scénarios, etc. Sans devenir vraiment « fan », j’ai naturellement ressenti de la sympathie pour cet auteur qui en parlait publiquement à travers ses bds. Alors quand j’ai vu qu’il sortait un livre, en fait, je n’ai pas cherché. Le thème et la forme m’intéresse assez peu au final, mais je l’ai pris pour soutenir l’auteur, en me disant que j’allais découvrir un peu plus son univers, parce qu’à ce moment là je pouvais me le permettre, et voilà ! Du coup, bah je dois encore le lire ! (j’ai plus le temps de tout lire ! xD) (son instagram)

* Pour quelques moutons de plus de Thorn :
Je suis discrètement cette artiste depuis quelques années maintenant, et son univers est un mélange de douceur et d’humour que j’aime beaucoup. Ses lives sont très chills d’ailleurs. Le soin apporté au livre est ouf, et comme j’ai commandé pendant la campagne de pré-commande, j’ai eu quelques goodies dont ce petit carnet au papier trop agréable qui fait que je vais sûrement avoir peur de m’en servir pendant mille ans de peur de le gâcher ahah xD Bien plus tard, les filles pourront lire les aventures de ce petit loup, malicieusement écrites et avec des dessins très soignés. Enfin bref, j’ai pu soutenir cette artiste aussi et j’en suis toute contente ! (son instagram)

* La Fleur de Rosée de Maylee : bon, ça c’était même en 2021, mais je crois que je ne l’avais pas partagé ici encore ^^ Je la suis de temps en temps sur Twitch, et je la trouve fort sympathique (en plus de douée). Du coup, quand elle a parlé de son livre, et que j’ai vu les graphismes si jolis, je me suis dit que j’allais la soutenir si je le pouvais. J’ai fait mes comptes et c’était Ok, donc j’ai pris aussi ! Elle a glissé dedans un maque page et trois stickers que j’ai apprécié recevoir en plus ! Encore un livre « pour plus tard » pour les filles. L’histoire est assez mignonne, mais les dessins surtout le sont et le livre est très soigné. On sent que l’autrice y a mit beaucoup de coeur. (son instagram)

Voilà ! J’ai pris tout ça ! Ce n’était sûrement pas raisonnable, mais je n’ai pas dépassé mon budget, je l’ai juste utilisé jusqu’au dernier centime ! Et même si bien souvent, le plaisir procuré ne dure pas longtemps, bah quand je reprends un de ces objets en main, je suis contente, donc pour moi, ils remplissent leur fonction ! J’ai hâte de pouvoir en montrer certains à mes petites, quand elles seront plus grandes ! =)

J’ai également reçu des cadeaux ! Je crois que les gens se sont donné le mot pour parsemer mon année d’attentions toutes aussi adorables les unes que les autres, ça a fait fondre mon petit coeur ♥.
J’espère réussir à me souvenir de tous les inattendus que j’ai reçus, ma mémoire « récente » n’est plus aussi bonne qu’avant, à croire que la grossesse a fait fondre mes derniers neurones actifs.. enfin bref, voici des morceaux de bonheur rendant le coeur tout mou :

Wildyfraise & Anuren ont ouvert le bal avec des objets réalisés (tous en tons de bleus ♥) à la main par Wildy (son instagram) : un mini cadre oiseau, et un bracelet papillon (elle me connaît bien 😀 ) et un retourneur de temps de la franchise Harry Potter, avec un mode d’emploi bourré d’humour comme j’aime, réalisé par Anuren (son instagram) ! Quand je pense que j’ai commencé un cadeau pour eux y’a 2 ans et que je ne l’ai toujours pas achevé… ^^’
Ensuite, Magnet_Boy m’a fait parvenir quelques douceurs depuis son doux Québec. C’était un échange pour découvrir nos spécialités, donc la surprise était sur le contenu uniquement ici, mais je savais que j’allais recevoir quelque chose ^^.
Par exemple moi je lui avais envoyé des calissons, des nougats, chichis et autres friandises de mon Sud d’origine, et lui m’a envoyé en autre le célèbre sirop d’érable, le vrai ! ^^ Sinon, habituellement il fait dans la peinture de figurines si jamais vous désirez découvrir son univers (son instagram)
Est venu le tour de la merveilleuse Acrownym_ de m’envoyer du baume pour le coeur. Pour la naissance des filles, elle leur a pris une peluche licorne chacune ainsi qu’un attache-tétine artisanal, et pour moi, j’ai eu notamment des bonbons pour me remettre des émotions, une petite boule (pour faire des photos) et une petite déco faite à la main en perles qui permet de jouer avec la lumière (les filles adorent autant que moi^^). (son instagram)Puis, Leia_Tortoise m’a envoyé de petites surprises, montrant qu’elle aussi me connaît très bien, dont : un T-shirt à l’effigie du HONK et de l’oie du jeu Untitled Goose Game qui est le jeu par lequel j’ai commencé le stream, un sticker honk, un masque Ori, un autre jeu fait en live, et un porte clé « Boule de Cristal » de DB/DBZ qui est un anime de mon enfance (bien que je n’ai jamais pu le voir en entier). Elle avait également réalisé entièrement à la main, un poulet de minecraft en feutrine, en référence au serveur sur lequel nous avons beaucoup joué ensemble (et jouerons encore probablement à l’occasion ^^) (son instagram)
Il y a aussi ma Wini adorée qui m’a envoyée avec une carte, une petite attention adorable à savoir des goodies faits mains de Harry Potter : des portes clés Fred & Geoges (deux de mes personnages préférés), histoire de « compléter ma collection » de jumeaux xD C’est amusant, mignon et ça prend pas de place, c’est parfait !


Enfin, j’ai reçu un colis inattendu de la part de IgotYB & Assistantcpl. Deux de mes belges préférés ! Dedans, des chocolats délicieux à partager avec mon chéri, et deux pulls au confort indéniable, spécialement customisé pour moi, dont un indiquant que je suis « Belge d’adoption », l’un des plus beaux compliments qu’ils pouvaient me faire ! (Le twitter de IGotYB – pas de lien pour assistant, c’est un homme de l’ombre ^^)

Et puis il y a eu un mix des deux début 2023, que je vais inclure ici !

Je me suis ré-allouée un budget (mais plus raisonable) pour cette année afin de pouvoir soutenir les artistes que j’aime depuis longtemps ou pour qui j’ai eu un coup de coeur.
Du coup, j’ai passé une commande à Little_Roisin, que je considère pratiquement comme une copine du net car, bien que nous nous connaissions assez peu, on s’entend bien lors de nos interactions, et je trouve que le feeling passe ^^. J’adore sa gentillesse et son humour, j’adore son travail, et on a des goûts communs (dessins, jeux, musique aussi vu qu’on s’est rencontrées sur le tchat de Sarys ^^). Bref, coup de coeur ! Elle est adorable et très talentueuse dans de nombreux domaines ! (son instagram)

Enfin bon. Donc. Je lui avais demandé s’il était possible de passer une « commission » pour les suncatchers qu’elle réalise elle-même, et j’avais proposé deux dessins (ne sachant pas bien comment ça marche). Elle ne prenait pas ce type de commissions donc j’ai simplement pris ce qu’elle proposait qui est très bien aussi : deux suncatchers -motifs fenêtre et lune-, et un print d’un de ses dessins que je l’ai vue faire en live sur Twitch et que j’ai trouvé sublime. Quand j’ai reçu ma commande, ô surprise, elle avait réalisé l’un des modèles que j’avais proposé, et me l’offrait. Cela a fait ma journée ! C’est si généreux, et une si jolie surprise !! J’ai hâte de les mettre en service ! Cema m’a donné une raison parfaite de faire mes fenêtres ahaha xD

Les modèles que j’avais proposés

Ma petite commande avec la jolie surprise dedans ♥

ça donne des bébés arc-en-ciel comme ça ♥

Et voilà ! Je crois que je suis à jour à ce niveau là !
C’est sûrement très matérialiste, mais tant pis, de temps en temps on a bien le droit un peu.

Voilà, il me reste des articles en préparation dont je pense que la plupart finiront à la corbeille, mais qui sait, peut être que j’essaierai quand même d’en publier malgré tout ! ^^

À bah heu.. prochainement, quand je pourrais !

Bilan oublié

By | Blabla / News | No Comments

Je me rends compte que j’ai complètement oublié de poster mon « Bilan » de photos/dessins pour 2022. Celui où je mets pour chaque mois l’un de dessins ou l’une des photos réalisés lors du mois en question. Pas de Bilan sur l’année en elle-même, ça prendrait trop de temps, elle a donné lieu à de belles choses, mais elle a été intense, mouvementée, et éprouvante. Et pis là c’est pas le sujet.

Donc, je poste ce bilan niveau Art en différé mais à une date antérieure. C’est surtout pour moi donc tant pis si personne ne le voit ^^

Quand je l’ai fait, j’avais un peu galéré à trouver un dessin pour chaque mois ou presque (parfois, il n’y en avait qu’un seul.. c’était dur de trouver le temps et l’énergie), mais j’étais contente d’avoir pu remplir autant le tableau, en revanche pour les photos… je fais mes photos en extérieur, et pour cela il faut être en état de sortir, en avoir le temps, et pouvoir prendre l’appareil avec soi. L’un dans l’autre, je n’ai pu remplir que quelques cases, et encore, celle de Juin j’ai laissé car je l’aime bien, mais en réalité, j’ai réalisé après coup qu’elle datait elle aussi de Mai… On ne peut pas s’occuper H24 de deux bébés en période de canicule & pandémie ET sortir faire des photos en solo avec son appareil… j’ai fait au mieux, même si toutes ces cases vides m’ont fait mal, ce n’était pas la priorité. Cela ne le sera probablement pas non plus en 2023, mais petit à petit, j’ose espérer que ça reviendra.

Enfin bref, peu importe. J’aime bien ce type de bilan, alors mieux vaut tard que jamais, les voici !

 

Voilà, c’est tout pour cet article ! À bientôt ! ^^

On reprend; un peu plus de 6 mois de montagnes russes déjà

By | Blabla / News, Photos | 2 Comments

J’ai eu un gros gros passage à vide.
Je crois que ça commence à aller mieux, même si les angoisses sont toujours là;
J’ai beaucoup hésité à poster tout ça. Et puis bon, je fais ce que je veux après tout.
Si j’ai eu besoin de l’écrire, c’est probablement pour une raison..
Je vous raconte ma vie, ce qui s’est passé jusque là, un peu méli mélo, mais rien ne vous oblige à lire;

Comme elles étaient en avance, tout a été un peu compliqué.

Entre prématurité pour elles, et césarienne pour moi, on ne s’est pas vraiment rencontrées tout de suite.
Trois minutes entre le moment où la docteure a dit « incision », et celui où elle a commencé à me recoudre. Un vague contact sur la joue entre les deux, et après, un regard en sortant de la salle d’opération, et puis plus rien pendant.. Je ne sais plus. Au moins les quelques heures passées en salle de réveil.. Je n’avais plus du tout la notion du temps, ni de rien… les premiers jours sont si flous.. Je les ai vues un peu le soir dans ma chambre, après transfusion de deux poches de sang qui m’ont permis de reprendre quelque peu mes esprits, petit à petit.

Outre ces moments, mes filles ont été directement en néonatalogie, et leur papa s’occupait d’elles dès qu’on l’appelait. Il restait à les veiller aussi de temps en temps, pour qu’elles ne soient pas seules là bas. Je ne l’ai pas beaucoup vu non plus au début. Cela me rassurait de le savoir à leurs côtés, et ça minimisait sûrement ce tsunami de culpabilité de ne pas pouvoir y être moi-même, mais en même temps, égoïstement, j’aurais voulu qu’il soit aussi aux miens un chouilla plus. Je me sentais si nulle, faible… il a fait ce qu’il a pu, je ne lui fais aucun reproche. Et puis, la situation aurait pu être tellement pire…
Ça a néanmoins été douloureux, moralement plus encore que physiquement. Ne pas avoir mes bébés près de moi de suite, ne pas être en mesure de faire quoi que ce soit – puis galérer à faire, coupée en deux par la douleur, quand j’allais les voir au bout du couloir. Honte et culpabilité planaient partout, entourées de doutes, de peurs… Je me sentais sans cesse vide, ‘seule’, et inutile. Incapable aussi. J’ai beaucoup pleuré quand personne ne regardait, et j’ai aussi craqué quelques fois le reste du temps, incapable de maintenir la façade en public, bien malgré moi.. Je me suis sentie jugée par certains personnels de santé, ignorée par d’autres. Rares sont celles qui m’ont offert un petit mot de réconfort. En temps normal, j’aime qu’on me fiche la paix. Là, j’aurais souhaité un tout petit peu plus d’accompagnement, de mots rassurants venant de personnes neutres… C’est fou ce qu’on peut être vulnérable parfois.. J’ai passé un sale moment dans cette maternité, mais au moins nous étions loin de tout le monde. Personne dans les proches n’est venu contempler mon affligeant spectacle, et c’est toujours ça. Je déteste qu’on me voit pleurer quand je sais que je devrais être heureuse… mais le Bonheur ne se commande pas.
Moi j’avais des années de pressions, de douleurs et de peurs qui tentaient de sortir en même temps que le plus grand chamboulement de ma vie qui se produisait en balayant absolument tout… et deux étoiles en bord de mémoire me procurant des émotions très contradictoires en filigrane sur tout le reste..

Heureusement, mes filles sont fortes. Elles ont bien fait leur part. Autonomie alimentaire et respiratoire dès le début, pas besoin de gros appareillage ! Merci à la docteure qui nous a recommandé les injections de corticoïdes pour forcer la maturation.. Nos petites guerrières ont atteint les 2kg juste avant la fin de mon propre séjour à l’hôpital : nous n’avons donc pas eu à rentrer sans elles à la maison ! Ça m’aurait anéantie je crois.
Le passage en néonat aura été relativement « soft » (même si ne minimisons pas : ça reste de la néonat). Douze jours d’hospitalisation pour mes fifilles au total, mais pas un n’aura été superflu ni pour elles, ni pour moi, le temps d’atterrir un minimum, doucement. Pour le reste, en respectivement 3 et 4 jours, elles ont pu commencer à réguler plutôt bien et seules leur température, au bout de 8 jours, elles avaient toutes les deux commencé à prendre du poids. Le reste mature tranquillement depuis, petit à petit. Elles ont un profil de bébé standard, parfaitement dans les courbes ! Des guerrières je vous dis.

Leur papa a été aux petits soins avec elles, et quand il avait encore assez d’énergie, avec moi aussi, entre deux allés-retour pour préparer leur arrivée, et acheter ce qui nous manquait.
La liste de maternité m’a semblé bien futile au final : bien des choses ne servent à rien, au moins les premiers temps, quand d’autres m’ont l’air essentielles et ne sont pas ou peu indiquées… et la « formation » est très limitée. D’ailleurs, une fois que le personnel a eu expliqué à Monsieur comment changer une couche et faire la toilette des filles, personne (sauf lui) n’a eu l’idée de me montrer à moi quand j’ai enfin pu participer… Enfin bref, heureusement que j’avais quelques notions préalables, parce que pour presque tout : on s’est débrouillés tous seuls, en fait.

La débrouille, finalement, c’est un peu le maître mot dans cette situation. Il y a beaucoup de choses qu’on ne nous dit pas, et il n’existe aucun mode d’emploi auquel se rattacher. La réponse à tout c’est un creux et sempiternel : « faites vous confiance, vous saurez« . * L – O – L *.
On a quand même posé des questions, insisté pour avoir des réponses plus concrètes, et on a bien fait, car on a fini par en obtenir quelques unes (notamment : comment moucher son bébé, genre pour tenter d’éviter une bronchiolite en cas de rhume.. au hasard hein)..
J’avais aussi des attentes suite à ce qu’on nous avait promis en choisissant cette mater, et j’ai été très, très déçue. Pas de peau à peau à l’hôpital notamment, quand on nous l’avait vendu comme limite essentiel pour des petits prémas. Pas de vraies explications pour savoir comment allaiter (juste pour utiliser le tire lait au final). Etc. On nous a balancé un livret théorique sur 2-3 trucs et basta. Chaque fois que je posais une question, j’avais l’impression d’être une emmerdeuse. Un plaisir..

Donc, la débrouille pour s’occuper des filles, mais aussi et surtout pour m’occuper de moi. Personne ne m’a réellement expliqué mes douleurs (ni essayé de vraiment m’aider avec), les précautions à prendre, ce qui m’attendait, etc. Les quelques réponses que j’ai pu avoir ont toutes variées d’une personne à l’autre. Sage femme, aide soignante, infirmière, etc.. Chacune sa version ou sa façon de ne pas répondre. Bref, j’ai découvert la plupart des trucs petit à petit.. parfois des mois après, complètement par hasard. Genre « il faut masser la cicatrice x fois par jour, tous les jours, comme ceci » trois mois après l’accouchement…
En fait, la gestion de la mère là où j’ai accouché, c’était néant. Heureusement qu’ils s’occupaient plutôt bien des bébés, parce que la mère, ils en avaient clairement rien à cirer. Leur seul point fort, c’est la chirurgienne (raison pour laquelle je suis allée là bas, sinon franchement je ne le voulais pas du tout) : un travail à priori impeccable au niveau de la cicatrice. Au début c’est hyper moche, mais depuis, c’est largement acceptable, même sans l’avoir massée comme il fallait, et c’est déjà une bonne chose (paraît qu’il faut essayer de positiver).

Je n’aime pas l’admettre, mais je n’allais pas bien du tout, et, par moment, ça ne va toujours pas fort.
J’étais heureuse d’avoir mes petits trésors bien vivants et bien portants avec moi (ou du moins pas loin), mais la fatigue, la douleur qui revenait sans cesse, le timing serré (j’y reviendrai), les hormones aussi il paraît, et puis la découverte qui nécessitait de s’apprivoiser doucement pour se (re)connaître/comprendre – ce qui a le don de me faire sentir incompétente -, les peurs au moindre truc.. ça pèse.

Une fois rentrés, mon chéri a pu être pas mal là avec moi (un mois, tout son son congé parter en fait, que sa boîte lui a reproché d’avoir pris en une fois et qui depuis tente de le lui faire payer #ambiance), mais nous ne pouvions pas sortir nous aérer le cerveau. Les puces devaient d’abord dépasser les 3 kg et/ou les 3 mois je crois… j’ai du mal à me souvenir, ma mémoire est en charpie. Même après ça, les recommandations sont d’éviter de sortir quand il fait trop chaud, trop froid, qu’il vente, et je sais plus… Bref, même après les 3kg quand elles les ont atteint, avec la canicule bah on restait un peu coincés, et vu le temps qu’il fallait passer à s’en occuper, on aurait fait ça quand de toute façon ? Puis il a repris le taff, et bah.. je vous fais pas un dessin.. mais déjà qu’à deux c’était galère, alors seule dans un état déplorable…
Donc pendant X mois, pas de sorties hors rdv médical. D’ailleurs, en voiture, les recommandations c’est 1h30 de trajet maximum, puis pause d’au moins 30 minutes. Autant dire que si on sort, même encore maintenant, on n’ira jamais bien loin ! On fera une exception en période de Noël sûrement, mais guère plus. Les vraies sorties, c’est pas avant longtemps. Je me contente des malgré tout bienvenues sorties de 30-40 minutes avec la poussette quand mon chéri est avec moi (parce que la logistique pour trimballer deux bébés de l’étage au RDC sans se payer une salve de hurlements, les mettre dans les cosy qui pèsent une tonne, puis balader la poussette qui pèse aussi une tonne déjà à vide dans des rues passantes: au secours. Déso pas déso, mais je n’ai pas la foi ni la force). Quant à faire venir du monde, vu qu’on ne maîtrise pas les horaires et qu’elles ont décidé de ne presque jamais dormir… bonjour la galère !
On a quand même eu quelques visites, dont une salutaire de mon frère, même si ça reste assez peu sur la durée (on a notamment pu avoir à manger pendant une semaine et faire des siestes ♥). On a limité quand même le nombres de personnes qui passaient, par prudence.

Car soyons honnêtes : avec le parcours du combattant qu’on a fait pour les avoir, les épreuves traversées, et le covid qui est toujours là (ignorés de tous ceux en bonne santé en détriment de ceux qui ne le sont pas ou sont vulnérables, ça me rend folle) et tout ça, on ne va pas sortir ni inviter beaucoup. On a même décidé de limiter grandement les visites et les contacts jusqu’à leurs six mois « en corrigé » (c’est à dire en prenant en compte leur avance, soit près d’un mois et demi de décalage donc jusqu’en 2023).. hors de question de les perdre. Elles sont encore si fragiles.. et je crève d’angoisse dès qu’elles toussent..
BREF. Pour le moment je suis donc pas mal « confinée » avec les filles. Première fois qu’être coincée chez moi me pose un réel soucis… le Printemps s’est fait sans moi, de même pour l’Été et là l’Automne.. mes balades me manquent (mais de toute façon, en l’état, je ne suis plus capable de marcher ou rester debout 4heures d’affilée), prendre des photos aussi.. mais même dans la maison : jouer me manque, lire me manque, écrire me manque(… Mais je n’ai tout simplement pas le temps) et le Silence me manque. J’ai droit à des cris en général dès que je quitte la pièce, voire même dès que je les quitte des yeux certains jours.. et je ne gère pas bien les cris. Du tout. Surtout à longueur de journée.

 

Concernant le ‘timing’, je détaille un peu : au début, toutes les 4h (donc 6 fois par 24h), nous réveillions les puces, même de nuit, pour les changer, nettoyer le cordon/nombril, leur donner à manger, et s’assurer que tout allait bien. Puis on est passés « à la demande », là cela pouvait être toutes les 2h, 3, 4, parfois on avait de la chance c’était 5 ou 6h, mais la quantité de biberon à donner était de plus en plus grande, et donc prenait de plus en plus de temps ce qui revenait presque au même.. Et elles sont toujours deux.
Nous aussi on est deux, mais c’était parfois difficile de faire en même temps, surtout lorsque l’un de nous, ou l’une d’elles, ne se réveillent pas immédiatement. Cela nous prenait toujours strict minimum 1h, et ça pouvait aller jusqu’à 2h30, voire plus si on rajoutait les bains ponctuels, pour faire un « round ».

Entre chaque session au début, il restait alors de 1 à 3h maximum (en moyenne 2H quoi). Puis on pouvait espérer avoir 4h de temps en temps. Alors on pourrait penser que ça fait beaucoup de « temps libre », mais en fait : pas du tout. Parce que c’est 4h pour faire à chaque fois : la vaisselle des biberons (on utilise les mêmes à chaque fois), nettoyer les tâches de caca/vomitos des vêtements (entre autres), les lessives au besoin, nos repas, notre toilette, faire la paperasse, gérer les stocks de couches/liniment/lait/etc. parce qu’on n’avait pas l’habitude de gérer ça, faire les courses, repérer ce qu’il nous manque comme équipement, garder le contact avec tous les proches, etc. Ranger la maison aussi, vu que tout s’est finalement fait dans la précipitation. Je ne vous raconte même pas le capharnaüm chez nous…

Bref, c’était déjà incroyablement court finalement quand on voulait dégager un chouilla de *vrai* temps libre ou réellement se reposer et DORMIR. À supposer qu’elles dorment pendant ce temps là sans se réveiller.. Car elles ne dormaient pas toujours pendant ce temps là (même si au début, elles dormaient beaucoup plus que maintenant) et elles pouvaient pleurer quand même (ennui, cauchemars, douleurs), il fallait donc rester très présents. Aujourd’hui, il le faut toujours : si elle nous font une sieste de 30 minutes trois fois dans la journée, on a déjà de la chance… Elles font « presque » leurs nuits, c’est à dire qu’elles ne prennent pas de repas entre 21h30 et 6h, mais elles s’endorment en général passé 23h et se réveillent hélas à cause des douleurs des dents ou de cauchemars plusieurs fois par la suite. Et bien sûr, si l’une d’elles se réveillent, elle réveille l’autre… enfin bref.
Tout le reste du temps où elles sont réveillées, il faut meubler.
Au début c’était mon désir d’être très présente pour elles, j’avais la phobie qu’elles se sentent seules ou pas aimées.. Je l’ai encore, mais moins. Et je me dis qu’il faut bien qu’elles apprennent l’autonomie aussi, sinon ce sera trop dur pour elles comme pour moi… Le soucis c’est que je n’ai pas réussi à ralentir. Le moindre cri/pleur, et je repartais à jouer pour qu’elles soient sereines et contentes… je ne faisais plus grand chose d’autre du coup.. Mais petit à petit, je dois avouer qu’après plusieurs mois des mêmes jeux/interactions non stop, à m’oublier totalement bien malgré moi, j’ai commencé à saturer, et l’équilibre que je souhaitais atteindre vers leurs 6 mois ne s’est jamais pointé… Maintenant, il y a certains jours, je n’ai plus envie du tout de jouer, et je ne le vis pas très bien… Toutefois, j’arrive à moins culpabiliser depuis qu’on m’a affirmé qu’au final, très peu de parents jouaient plus de 2h par jour avec leur enfant (parce que actuellement, c’est un peu mon max en cumulé)… Je continue à faire de mon mieux : les prendre avec moi presque partout, comme je peux, rester auprès d’elles dès que c’est possible, jouant quand j’en ai le ‘courage’, écoutant, les laissant faire sous un oeil attentif, intervenant si nécessaire, tentant de comprendre la source de leur détresse quand elles hurlent… sans céder à la mienne quand je ne trouve pas ce dont elles ont besoin. (Enfin, je cède en partie vu qu’il ne s’est pas passé beaucoup de journées depuis leur arrivée où je n’ai pas pleuré… Super la maman, hein ? ).

C’est ce qui me pèse le plus, je crois : leurs pleurs (plus encore que les miens)
N’importe qui qui pleure – même quelqu’un que je n’apprécie pas particulièrement -, et mon coeur finit par se serrer, et les larmes me montent en général vite aux yeux. Mais quand ce sont mes filles, c’est un déchirement sans nom. Je sais qu’elles communiquent ainsi. Elles « parlent » ainsi. Mais j’ai beau me le dire et me le répéter, une partie de moi continue de croire qu’elles me hurlent que je suis nulle, qu’elles me détestent de ne pas être mieux, qu’elles sont malheureuses…
Même sans cela, même les jours où je ne m’accable pas en pensées, je souffre de les entendre pleurer/hurler parce que ça reste du ‘bruit’ régulier voire continu et que, même avec les bouchons d’oreilles, ça me fait mal. Et je désespère quand trouver la source de leur mal-être m’échappe. Il y a tant de raisons possibles chaque fois.. Parce qu’elles ont fait un cauchemar, qu’elles ont mal, sont fatiguées, qu’elles s’ennuient ou qu’elles ont faim et que je tarde trop à intervenir ou préparer les biberons (compliqué surtout au début de toujours les nourrir en même temps, mais elles réclamaient ensemble et au final c’est plus rentable niveau temps, alors on a gardé ce rythme).. Il y a aussi ces hurlements quand on leur a mouché le nez parce qu’il le fallait, c’est juste horrible.. Et tous ces cris qu’on ne comprend pas, que rien n’apaise..

Je me suis sentie comme une sombre merde les premiers temps en continue, et maintenant encore par vague, même si j’ai pris un peu d’assurance depuis. C’est toujours très dur quand je n’ai pas pu dormir plus de 3-4h en cumulé pendant la nuit. Je suis assez vite submergée au final. Surtout quand les pleurs sont relativement inconsolables ou les cris trop rapprochés et prolongés.
Pourtant on a de la chance : elles ne pleurent ‘pas tant que ça‘. Faut dire que je suis là tout le temps, à m’escrimer à répondre. Je commence à moins y aller quand il n’y a à priori rien de sérieux, aussi dur que ce soit.. mais sans ça, elles ont besoin, et doivent, communiquer… Quand tout va bien, elles en sont au stade où elles poussent des cris de joie, mais bien stridents. Je les laisse faire, mais ça fatigue aussi quand même.. je m’inquiète de ne plus trop les entendre babiller à la place. J’ai toujours peur d’avoir raté quelque chose.. rien ne me paraît simple..

Jusqu’ici, temps et énergie ont été bien faiblards, et surtout ne sont plus à nous.. Je pensais qu’après l’accouchement, certaines choses iraient mieux de mon côté (douleurs/mobilité), et au final, c’était toujours pareil. Cela commençait à peine à aller mieux au bout de 2 longs mois, et j’en avais pour encore au moins 5 mois à en croire le personnel médical, soit dans mon cas : comme une seconde grossesse.. c’est long. Je me raccrochais à l’idée que ça ne pouvait que s’arranger. Preuve en était que je réduisais, lentement mais sûrement, les anti-douleurs. Sans ça je pense que j’aurais craqué plus souvent. La douleur de la grossesse/accouchement a finit par disparaître presque totalement (la cicatrice se manifeste parfois juste) au cours du troisième mois, remplacée par le retour de celles liées aux règles et ovulations (tiens, ça me manquait pas du tout ça !), aux migraines, et d’autres. Genre trois lombalgies en quatre mois et demi, des douleurs inexpliquées aux épaules et aux talons (dont médecin et kiné n’en ont absolument rien eu à f***** – on s’démerde, comme d’hab), etc. Le fait qu’elles soient plus espacées et non continues me permet de mieux les gérer, même si je m’en passerais bien.

Aussi, on nous avait promis des aides qui ne viendront probablement jamais, un suivi médical qui m’a semblé personnellement bâclé, et moultes autres choses encore. Beaucoup de petites déceptions et frustrations. La CAF qui devait nous aider (et nous permettre de voir si on pouvait demander une aide ponctuelle ne serait ce que pour le ménage le temps de prendre un rythme) en était encore à considérer que j’étais enceinte d’un seul enfant, comptant pour 0 dans le quotient familial (donc on avait droit à rien du tout). La paperasse de façon générale était à la ramasse et commence tout juste à se régler.. Cela et la douleur par dessus, ça use..
Grâce à ma mère, pour la fin d’année, on a pu embaucher une aide avec les filles. Quatre heures par semaine, elle vient s’en occuper pour que je puisse souffler. Enfin presque. Parce qu’on s’est fait avoir là dessus aussi, mais j’en reparlerai peut être un jour. Toujours est il qu’on prend ce qu’on peut, mais clairement après la période d’essai offerte par ma mère (merci à elle !), on ne renouvellera pas. J’ai une peur bleue de mettre les filles en crèche, mais il me faudra sans doute m’y résigner si je veux tenir le coup et les obliger à gérer la séparation et le social… enfin si on trouve une place quelque part..

À côté de ça, il y a eu la tentative d’allaitement en prime pour moi. Tirer le lait, ça m’épuisait. J’étais sensée le faire 6 fois par jour, mais impossible. C’était 20 à 45 minutes pour un tirage. Vingt minutes si j’arrivais à faire les deux à la fois (mais du coup les deux mains prises, impossible de m’occuper des filles même juste un peu) et 45 si je faisais l’un puis l’autre.. Même à l’hosto je n’ arrivais pas à le faire autant, alors à la maison…
De toute façon, avec la douleur, les angoisses et la fatigue, j’avais du mal à m’hydrater et m’alimenter. Du coup, mon corps galérait, et j’ignorais si j’allais pouvoir poursuivre le peu que j’arrivais à maintenir. La quantité ne cessait de diminuer, ce qui minait mon moral, du coup ça produisait moins, le bon cercle à la noix… Mon médecin n’arrêtait pas de répéter qu’il valait mieux arrêter, je me suis obstinée un temps, en sachant pertinemment que plus mon moral s’effondrait moins j’aurais de lait.. Petit à petit je me suis faite à l’idée qu’il allait falloir arrêter, parce que je n’y arrivais pas, essayant de me convaincre que chaque goutte de lait que j’aurais pu leur donner c’était déjà ça de pris.. J’aurais tant voulu pouvoir, pendant un an, offrir à mes bébés au moins un bib’ par jour de mon lait.. le seul qui ne leur donnait pas de crampes d’estomac/coliques.. À la maternité on m’avait tellement découragée que ma prétention avait chuté à 6 mois. Ensuite, quand j’en suis arrivée à leur donner à peine un quart de bib malgré tous mes efforts, et encore pas nécessairement tous les jours, j’ai renoncé la mort dans l’âme… j’aurais tenu trois mois moins trois jours. Je l’ai vécu comme un immense échec, même en sachant que j’ai fait mon maximum. J’en pleure encore parfois. C’était pas ce que je voulais.

En fait, jusqu’au bout : rien n’auras suivi le chemin que j’aurais aimé pouvoir emprunter… sauf elles.
Elles qui poussent bien et sont si choupinettes. Elles qui changent chaque jour, si vite.. Si ce n’était leurs deux frimousses, j’aurais sans doute déjà pété un câble..

Heureusement qu’un regard dans leurs grands yeux – autrefois nacrés et maintenant si vifs -, un petit sourire sur leur bouche de bébé encore sans dents, un éclat de rire innocent, une petite main toute douce qui se referme sur mon doigt… Ces merveilleux petits rien qui sont tellement tout, et on oublie un peu tout ça..
Elles rient, elles jouent. Elles sont en bonne santé. J’apprends à me dire que c’est déjà très beau, très chanceux.. Et j’essaie de savourer les moments où je suis à peu près en état, parce que tout passe horriblement vite, et surtout, oui : tout passe. Et les pleurs finiront par se tarir, les cris par s’apaiser, à mesure qu’elles vont grandir à nos côtés. Il y en aura d’autres, mais différents. Avec des mots, des possibilités de mieux se comprendre, mieux s’apprivoiser, s’adapter… Ce sera différent, et ça passera aussi. Et le temps filera toujours trop vite…

Alors on s’accroche, on fait ce qu’on peut, et on espère discrètement que ça suffira comme ça semble avoir suffit jusque là..

Journal – Pavé de pensées vers demain

By | Blabla / News | 3 Comments

Nous y sommes presque.. dans quelques jours… Et pourtant je ne réalise toujours pas.

Il m’arrive encore de regarder mon ventre et de constater avec surprise sa taille, me souvenant d’un seul coup de ce qui se prépare : deux vies, à l’intérieur… C’est tellement fou… irréaliste, encore plus que tout le reste auparavant. J’ai du mal à vraiment croire que la semaine prochaine, deux bébés nous rejoindront dans « la vraie vie », et dont il faudra s’occuper du mieux possible..
Ils ne seront plus à l’intérieur de moi, protégés tant bien que mal – enfin, ont-il réellement déjà été à l’abri là dedans, avec tout ce qu’il s’est passé ?? Ils ont bien du mérite de s’être accrochés. C’est que ce sont déjà deux petits êtres bien battants, de vrais guerriers miniatures, mais ça reste si fragile, un humain, surtout au début…

J’aurais tant de projets, d’idées, d’espoirs… j’ai tant de doutes, de peurs, de questions… et pourtant aucune énergie pour m’y pencher dessus, là tout de suite. Le fait d’avoir passé si longtemps dans les problèmes de santé qui nous ont empêchés de nous projeter, nous n’avons rien préparé comme nous l’aurions souhaité. On a encore des choses à préparer, une pile monstrueuse de bouquins à lire, et j’en passe… Cela devra attendre encore un peu. On parera au plus urgent, celui qui arrive maintenant, presque immédiatement.

À vous, mes enfants à naître, petites âmes nouvelles…
j’ai à la fois hâte de vous rencontrer, et que les douleurs puissent cesser (remplacées par d’autres, probablement, pendant un temps), et infiniment peur de ne pas réussir à gérer…

J’ai déjà raté milles choses que j’aurais voulu faire pendant la grossesse. Pas seulement pour moi (comme des photos tous les mois de mon ventre), mais pour vous aussi. Vous chanter des chansons, vous faire écouter plein de musiques différentes, vous parler plus souvent, faire plus de session méditatives, créer vos premières peluches, vous choisir une tenue particulière… Hélas, entre deux asthénies et deux heures remplies de douleurs, je n’ai trouvé le temps que de vous observer faire remuer mon ventre, fascinée et incrédule… J’ai déjà laissé échapper trop de temps, d’occasions.. et je sais que ça risque d’arriver encore… M’en voudrez vous ?

Mes bébés. Vous m’apparaissez encore lointains. Petites choses invisibles, impalpables. Je n’ai pas réussi à déjà vous aimer aussi fort que je l’aurais souhaité, j’avais trop peur de vous perdre et de trop en souffrir, alors j’ai contenu, contrôlé, redirigé… J’ai ressenti l’amour et l’ai exprimé, mais c’était si loin de ce que ça aurait pu être, si je n’avais pas mis cette protection en place, ce mur de raison… et je sais qu’il me faudra travailler ce retrait pour le briser quand enfin on va se rencontrer, surtout en sachant que votre arrivée ne sera pas non plus celle dont j’avais rêvé.
Jusqu’au bout ou presque, j’ai cru qu’on échapperait à la « Néo-nat ». Apprendre l’inverse m’a tellement fait pleurer… Savoir que vous ne dormirez probablement pas à mes côtés dès la première nuit (et probablement plusieurs), qu’il faudra sans doute aller vous voir au bout du couloir dans une chambre de surveillance, que peut-être je vais vous voir avec des ‘câbles’ un peu partout sur votre peau.. et que votre Papa ne pourra peut-être pas être là, au moins pour les premières nuits. j’essaie de ne pas trop y penser, car ça m’est douloureux par avance..
Ma seule satisfaction au final, c’est d’avoir réussi à vous aimer, même trop peu, de façon inconditionnelle. C’est le point qui compte le plus pour moi actuellement, ce que je veux pouvoir vous apporter impérativement.
Vous n’avez rien fait pour me blesser, je n’ai juste pas eu de chance sur le trajet… et même si pour éviter d’admettre l’attachement déjà en cours, je vous appelais juste « mes bestioles », vous vous êtes accrochées. Je me sens pleine de gratitude pour cela, et je suis déjà si fière de vous..
Alors je ne vous en ai pas voulues de tout ce qui s’est mal passé, même quand j’ai eu peur que « vous » ne m’abandonniez. J’ai été révoltée, désespérée, fatiguée, oui mais je l’ai accepté sans vous le reprocher : j’ai gardé en tête que rien n’était de votre fait ou volonté, pas même les douleurs que vos mouvements ont pu provoquer.
Je n’aurais jamais imaginé que la grossesse me coûterait autant, à tous les niveaux, mais je n’ai pas perdu de vue que la faute n’en revenait à personne, et même lorsque je pleurais, j’arrivais à vouloir vous rassurer, à m’enquérir de votre bien-être, etc. Je sais qu’à l’avenir aussi, j’aurais des moments de colère, de détresse, et tant d’autres encore. Je sais que je vais perdre le contrôle de ma tête et parfois aussi de mon corps, mais je crois qu’il me sera possible de ne jamais le diriger contre vous… en tout cas, je ferai tout pour; Alors battez vous mes petits bouts. Ne lâchez rien. Continuer de vous développer du mieux possible, puis grandissez. Devenez deux merveilles sur pattes qui apprendront la vie avec nous. Car nous allons apprendre tous les quatre les uns des autres. Des leçons faciles, des difficiles.. Bon sang j’espère être à la hauteur.. j’ai tant de lacunes dans ce monde..

Je suis quelqu’un qui a besoin de beaucoup de silence, de solitude, et d’intimité. Je sais qu’à votre arrivée, il me faudra m’en passer grandement, voire totalement, pendant quelques mois à quelques années au moins.. C’est un sacrifice que j’étais prête à consentir pour vous rencontrer, mais je sais que cela me sera très difficile. Ce que j’ignore, c’est si j’en serai finalement capable… Je ne peux rien promettre d’autre que « je ferai de mon mieux ».

Je pensais en connaître déjà un bon rayon en douleurs et fatigue, mais cette grossesse n’a eu de cesse de me faire revenir sur cette idée. Les douleurs ont pu changer, l’intensité varier, mais bon sang, jamais je n’avais été aussi éprouvée… Cela ne s’arrête jamais… Je ne sais pas dans quel état d’épuisement moral et physique je serai pour vous accueillir…. Pardon par avance… Je risque fort de manquer de patience et de courage pour faire les choses comme je les avais rêvé…
On sera deux à s’épauler, se relever.. mais il y aura probablement des moments où on aura besoin de s’isoler pour récupérer sans vous blesser, ou le moins possible… On n’en sera pas fiers, on n’en abusera pas… mais je crois que c’est important d’être conscients de ça..

Pardonnez-moi, je ne veux pas non plus m’oublier pour vous. J’ai trop vu ce que cela donnait chez mes proches… J’ai pu sentir la frustration, le besoin de tout contrôler, le désespoir parfois, et la rancœur, bien souvent inconsciente comme le reste, mais le tout pouvant être dévastateur, pour la mère ou les enfants, lorsqu’ils refont surface. Parfois pour les deux, et leur lien ensemble..
Je ne veux ni tout porter seule, ni m’en délester sur vous ou sur votre Papa. Je veux faire de mon mieux, sans dissoudre mon moi dans le seul titre que j’aurais à vos yeux..

Je ne veux pas m’en vouloir, et je ne veux pas vous en vouloir, vous tenir pour responsable de cette pression que subissent (et se mettent) les mamans. Je veux être juste avec vous, et me sentir bien avec moi-même. Je veux créer un lien d’amour non terni par les attentes.. et pour cela il faudra bien qu’on réussisse à le créer malgré mes limitations, et les vôtres.

J’espère trouver le juste équilibre entre rester ma seule priorité comme si je n’étais pas maman, et tout vous sacrifier comme si je n’étais rien d’autre désormais.. Une balance de type « ce sera Vous chaque fois que possible, et moi chaque fois que nécessaire ». Je me doute qu’il y aura des ratés parfois, mais je ferais en sorte qu’ils soient les moins nombreux possibles.
Pour cela j’aurais besoin de pouvoir rester un minimum une femme qui écoute aussi ces propres besoins.. j’espère que cela vous apprendra également à respecter les vôtres au passage, et qu’on pourra, petit à petit, en discuter ensemble, à mesure que vous grandirez. Et puis heureusement, il y aura votre Papa pour m’aider avec tout ça.. Et parfois on ne sera pas d’accord, parce qu’il est déjà complètement gaga ( ☺ ! ), et qu’il reste un humain à part entière lui aussi, avec ses propres besoins & avis…

Il y a plein d’autres choses que je voulais vous écrire… sur moi, sur vous, sur ce qui semble nous attendre… sur ce monde à la fois incroyablement beau mais aussi détestablement fou… Mais ce n’est pas le moment, n’est-ce pas ? Pensons à autre chose… et mettons fin à ce blabla sans queue ni tête qui n’a nul endroit où aller.

La valise est presque bouclée.
Vos lits sont quasiment installés.

Non, nous ne sommes pas prêts. Personne ne l’est vraiment jamais.. Mais peu importe, après tout. Il faut bien un jour apprendre à improviser !

Quelques jours encore avant votre arrivée…

 

Des morceaux en bleu

By | Blabla / News, Dessins, Évènement, Liens, Poésie / Texte, Réflexions | 2 Comments


Le 2 avril 2022, ce sera la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. À l’occasion, la ville de Saint-Étienne organise une animation sur la place Jean Jaurès, en partenariat avec une dizaine d’associations tournées vers l’autisme, dont celle qui m’a permis d’obtenir un diagnostic. L’évènement porte un nom qui me plaît forcément : « tous en bleu« .

Sur le stand de l’association qui m’a accompagnée, il y aura une exposition visant à montrer des oeuvres créées par des personnes diagnostiquées.
Comme toute personne étant dans ce cas là (combien on était, aucune idée), j’ai été contactée pour ça. Je crois que je n’ai pas tout compris quand on m’a contactée : je n’ai proposé que trois dessins pour montrer « mon univers ». J’ai aussi envoyé un texte et deux photographies. J’aurais eu bien plus à montrer, mais je ne voulais pas submerger l’interlocuteur, donc je me suis forcée à sélectionner.
Texte et photos n’ont pas été retenus, mais il s’avère que les trois dessins, eux ont été retenu ! On m’a proposé de faire afficher un titre et une description, je n’ai choisi de ne faire apparaître que le titre. J’étais déjà très contente à l’idée que quelqu’un veuille exposer un peu mes gribouilles, quelle qu’en soit la raison… et puis j’ai réfléchi, juste comme ça, et j’ai réalisé que je n’expliquais pas si souvent mes dessins… sauf peut être ici, mais pas toujours.

+ EDIT DU 1er Avril + : exposition annulée. Forcément hein.. En ce moment, tous les petits évènements me tenant à coeur sont annulés ou reportés… é_è tant pis, c’est comme ça.. Je laisse mon article.. au moins mes dessins seront visibles ici, même si je ne parle jamais de mon blog à personne…

J’aime l’idée que les gens y voient un peu ce qu’ils veulent, qu’en regardant ils puissent ressentir librement les émotions qui leur conviennent même si ce ne sont pas celles qui m’ont animée au moment de la création ou que j’ai mise en intention dedans.
Pourtant, là, je me dis « pourquoi pas ? ». Pourquoi ne pas, pour une fois, ici sur mon petit blog à moi, expliquer un peu ce qui me passait par la tête quand j’ai fait ces oeuvres que j’ai sélectionnées… Et puis ce sera l’occasion de reposter un peu certain dessins qui m’ont tenu à coeur.

(cliquez sur les titres pour afficher/masquer)
Premier dessin sélectionné : Dépression.

Deuxième dessin sélectionné : La pirate (en moi).

Troisième dessin sélectionné : Ouvre ton coeur.

S’il y avait eu d’autres dessins.

Si j’avais su que je pouvais en proposer plus de trois (si j’avais compris qu’il fallait envoyer tous les candidats et pas juste une sélection drastique montrant le genre d’œuvres réalisées), j’aurais tapé dans les dessins que je vais montrer là.

Une plume sur le coeur.

Au coeur du silence et l’Envol

La porte silencieuse ou « worLds » (: les mots sont des portes)

« Early morning » (Tôt le matin) ou « Fading in the Rain » (Se fondre dans la pluie)

La fée du lac

« Spring Moon » (Asperger)

Et voilà..
Peut être que des explications sont redondantes. Peut être que certaines creusent un peu plus que je ne le fais habituellement, ou complètent ce que j’avais déjà pu dire dessus. Quoi qu’il en soit, j’ai essayé d’expliquer quelques dessins importants pour moi. C’est un peu compliqué d’autant que j’ai du mal à me concentrer, surtout les derniers temps, mais j’espère que c’était compréhensible et intéressant (désolée s’il y a des fautes, je n’ai pas le courage de me relire !)… Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée que mes dessins seront probablement affiché au stand. Si j’arrive à marcher, j’essaierai peut être d’aller les voir et de voir les œuvres des autres aussi.. On verra !

Bonne journée, à bientôt.

Journal – Irréel et compliqué

By | Blabla / News | 2 Comments

Je suis toujours là.

Pour des raisons personnelles, je me suis retrouvée avec très peu de temps et d’énergie pour tenir le blog, dessiner, ou même streamer;…  J’ai bien envie, là que je peux enfin me poser un peu, de profiter d’un répit pour faire un petit résumé de ce qu’il s’est passé.

J’ai écris je ne sais combien de textes sur ce que je traversais, pour tous les supprimer, les uns après les autres… je n’arrivais pas à en parler. Finalement, c’est à la veille d’une opération (encore incertaine à ce moment là) que je me suis débloquée…

Cette opération, c’était un risque pour moi de perdre les deux enfants que je porte actuellement. Un risque pour mon conjoint et moi de voir s’envoler une nouvelle fois nos projets… Dès qu’on nous a prévenu que l’opération « risquait » d’être inévitable, on a prévenu nos très proches de ce qu’il se passait. On s’est dépêchés de faire une vraie place à nos deux bébés avant que tout ne tourne éventuellement au cauchemar… les cauchemars, on connaît..

On était déjà un peu au bout du rouleau. Moi surtout. Dès le début de la grossesse, celle-ci a été un fardeau. D’entrée de jeu, il a fallu digérer, les unes après les autres, les nouvelles un peu assommantes…

Pour moi le premier choc a été d’apprendre que j’étais enceinte. J’avais toutes les raisons de m’en douter, mais curieusement là, je n’y croyais juste plus.
Je venais peu ou proue de finir mon deuil de ce projet là. Dessiner un nouvel avenir m’avait demandé beaucoup de force. Aimer de nouveaux projets, me préparer à m’y investir à fond, ça m’avait pris du temps, de l’énergie… J’avais commencé, mais je n’étais pas dans le meilleur état pour commencer. Et de nouveau tout basculait mais dans l’autre sens… je n’ai pas compris de suite ce qui m’arrivait.
Rapidement, j’ai ravivé mon petit rêve de fonder une famille avec mon compagnon. Je ne serais probablement pas la meilleure maman du monde, mais j’étais prête à tout pour faire de mon mieux pour m’occuper de mon enfant… Je n’ai pas pensé un seul instant qu’il pourrait y en avoir deux. La nouvelle est tombée comme « un parpaing sur la tartelette aux fraises de mes illusions » comme dirait ce cher Boulet.
Deux bébés… Deux fois plus de frais pour leur arrivée. Deux fois plus d’attention à donner. Deux fois plus de couches à changer. De possibles réveils au milieu de la nuit. De pleurs à essuyer, de colères à apaiser, de mains à guider, d’esprits à apprivoiser.. Et toujours seulement moi pour y faire face la journée, avec seulement deux yeux, deux bras, et ma maladresse quasi légendaire… j’ai paniqué. J’ai pleuré. J’avais toujours dit que « un », c’était ma limite, que je ne voulais pas qu’il y en ait deux, jamais…
Et puis deux, c’était rentrer d’office dans une grossesse plus à risque qu’une simple, sans compter que la division tardive de l’embryon pouvait donner lieu à des malformations qu’il allait falloir surveiller plusieurs mois durant…. une épée de Damoclès de plus au dessus de la tête, alors que de base, on en avait déjà tant…

Le rendez vous d’après, on apprenait que le placenta s’était logé sur le col, et sans ménagement on m’affirmait que je n’aurais pas le choix : ce serait une césarienne ou rien. Si « tout se passe bien » jusque là, bien sûr… C’est étrange, mais à ce moment là, l’idée de la césarienne m’a anéantie aussi. Je n’en voulais pas. Je n’avais jamais envisagé ça, et je me retrouvais sans aucun choix… On m’a aussi soudain déconseillée voire interdit beaucoup de mouvements, d’activités, etc… Trop risqués. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais déjà saigné, c’est rarement bon signe… Explosion du level de stress, chute drastique du moral.

Par dessus le marché, mon corps, déjà épuisé avant la grossesse, s’était effondré.
J’ai toujours été plus ou moins anémiée, en proie à des chutes de tensions, des vertiges, etc. mais jamais à ce point. La fatigue s’est étroitement liée à des nausées, saupoudrées de douleurs. De multiples « petits maux » de grossesse sont apparus. Pris séparément, j’aurais sûrement fait avec. Tous ensemble, j’ai eu du mal à gérer. Difficulté à respirer, perte d’équilibre, vertiges, nez qui saigne sans arrêt, seins sensibles et douloureux etc.. et pas le droit de sortir marcher pour respirer… mais je tenais encore.
Les douleurs se sont vite faites plus présentes. La fatigue plus lourde encore. Les nuits devenaient infernales. Manger avec les nausées était compliqué, et le peu que j’arrivais à ingurgiter, mon estomac galérait à le digérer, me rendant malade. Il a fallu un bon moment avant qu’on ne me donne finalement des comprimés pour annuler les nausées, diminuer les remontées acides, tenter de contrebalancer ma carence en fer, etc… du temps pendant lequel mon moral n’a fait que chuter, sur fond de monde covidé..

Puis il y a eu une brève accalmie pendant les fêtes. On passait les étapes les unes après les autres. Le risque lié au rhésus ? écarté. La trisomie 21 ? écartée. Les malformations ? Toujours aucune constatée. Le placenta ? Il se déplaçait. Etc… On montait les marches comme on monte un escalier, et l’espoir grandissait. On a commencé à se projeter, envisager les annonces, les prénoms… Apprendre le genre de nos bébés nous a donné un coup de boost, et je me sentais prête à endurer encore s’il le fallait…

Mais le rendez vous d’après, ça s’est gâté. Un problème est apparu, « à surveiller » comme le lait sur le feu : un syndrome transfuseur/transfusé.
On a été bien informés sur les risques, les solutions… Il y avait une infime chance que ça se résorbe tout seul, mais le plus vraisemblable était que ça allait continuer, auquel cas il faudrait agir. Pas trop tôt, pas trop tard, car l’intervention est généralement suivie d’une naissance précoce un à deux mois après, hors avant 23 SA, les chances de survie des bébés sont quasi nulles.
Ne rien faire c’était assurément perdre les deux bébés, mais « faire », c’était possiblement en perdre un, ou les deux quand même… mais aussi leur donner une chance à tous les deux, la seule possible… si dernière il n’y avait pas de séquelles, cardiaques ou cérébrales… si la poche tenait bon, si le syndrome ne revenait pas. Si, si, si … beaucoup de « si ».
Il a fallu envisager toutes les options, entendre les possibilités les plus affreuses, se projeter avec deux très grands prématurés, à supposer qu’ils résistent, ou avec un seul enfant vivant, et l’autre pas, mais dont il faudrait accoucher quand même en même temps…
Il a fallu « attendre et voir » ce qui se passait… voir les choses se détériorer, sentir l’espoir chaque fois être un peu plus rogné.
Pendant ce temps, la douleur ne faisait que monter. Marcher, même d’une pièce à l’autre était devenu presque une torture. Même au repos complet, je souffrais, au point de pleurer la nuit, car ça ne s’arrêtait jamais.
J’ai senti ma volonté presque se briser quand on m’a clairement dit « ce n’est pas une question de volonté madame. Si votre corps ne tient pas, on n’aura pas le choix« … C’est affreux de se sentir abandonnée, trahie par son propre corps. Je l’avais déjà ressenti à moindre échelle, mais ça n’avait jamais impliqué que mon corps puisse risquer les vies que je portais… et pourtant il fallait continuer à faire équipe avec ce corps qui se rapprochait du point de rupture malgré moi.. Nous étions quatre à souffrir. Mon conjoint, mes bébés, et moi. Et la volonté d’endurer ne suffirait pas.

On a renoncé aux jolies annonces. On a stoppé toute projection. « Attendre et voir ». Encore et toujours. Corps et esprits sur la brèche, tous les deux, car Lui me soutenait déjà depuis des mois et me voyait souffrir, impuissant, et moi effondrée complètement n’arrivant plus à y croire… Je crois qu’on avait limite commencé à se préparer à vivre un nouveau deuil…
S’obliger à y croire. Mais sur fond de campagne électorale aberrante dans mon pays. Lutter contre les pensées noires, les pensées de haine envers ces gens qui cherchent toujours sur qui taper, en oubliant ce qui devrait les rassembler… Écœurée… Il reste une chance que tout se passe bien, aussi infime soit elle, mais quel avenir pour mes bébés ? Ne pas y penser…

Mon hémoglobine qui continue à chuter. Première perfusion de fer. L’impression que ma tête peine à motiver mon corps à lutter. Culpabilité… S’obliger à respirer. Continuer, malgré tout, à espérer. Prévoir le bon comme le mauvais… C’est là qu’on a annoncé – pas comme on l’aurait rêvé – ma grossesse à la famille..

Tout s’est accéléré. À peine a t on prévenu nos proches de ce qu’on vivait que la situation s’est dégradée au point de ne plus pouvoir être ignorée. Il a fallu opérer. Il ne s’est pas écoulée 24h entre l’échographie qui l’a révélée et l’opération. On n’a pas eu le temps de trop y réfléchir. Lui m’a accompagnée à l’hôpital. Je revois encore son regard dans le mien, aussi proche que moi de pleurer. Pas le choix : s’accrocher, tenter, espérer…
Sans sa main dans la mienne, combien de fois aurais-je renoncé ?

L’opération a réservé quelques surprises au personnel soignant. Les bébés sont très liés : leurs cordons ont des connexions impossibles à couper à la racine. Ils ont fait de leur mieux, cautérisé ce qu’ils pouvaient, drainer l’excédent de liquide qui nous blessait tous les trois, sans pouvoir garantir que cela suffirait. Moi, j’ai passé un moment absolument horrible. Du liquide amniotique s’est échappé et s’est répandu dans mon corps. J’ai fait connaissance avec des douleurs encore inconnues qui ont dépassé tout ce que j’ai pu vivre auparavant, posées sur la montagne d’angoisse qu’on ait subi tout ça pour rien, que tout s’arrête quand même du jour au lendemain… Heureusement, Lui a été formidable de soutien…
Au passage, j’ai eu droit à deux poches de fer en plus, toujours pour contrer mon anémie sanguine. Je dois faire un contrôle prochainement. Si j’en crois mon énergie et mes vertiges, le « mieux » ne devrait pas être vertigineux… mais on verra.
Par contre, niveau échos & compagnie, le suivi les temps suivants a montré une amélioration presque miraculeuse : en un weekend, les bébés reprenaient une activité normale (récupération de vessie notamment..), les dysfonctionnements se sont équilibrés en une semaine et demi (notamment les poches qui faisaient la même taille), et en quinze jours – trois semaines, ils se développaient normalement : comme si rien ne s’était jamais passé. Pas de signes avant coureur de lésions jusque là. Un suivi restait nécessaire, par prudence surtout, mais c’était inespéré… une bouffée d’air frais sur nos espoirs malmenés.

Hélas après quelques jours de répit avec des douleurs légères, elles sont revenues. Supportables, mais parfois encore bien fortes. Mon bassin s’est écarté, m’empêchant encore davantage de marcher. Les douleurs qui étaient principalement dans le bas ventre et les côtes se sont généralisées, se sont fait plus fortes dans le dos, les hanches, etc. Là, je commence juste à ravoir des demis journées tranquilles, quand je ne fais pas que « dormir ».
Je suis tellement KO, mes journées font de 4 à 8h, le reste du temps je ne peux juste RIEN faire. Le moindre effort me fait mal, et ma capacité de concentration frôle le niveau 0. Je suis comateuse la plupart du temps, et c’est déprimant, parce que moi je ne m’ennuie jamais, et j’aurais des milliers de choses que j’aimerais faire ! Et jusqu’ici sur les périodes « réveillée », mon emploi du temps n’a jamais été totalement à moi : il y avait beaucoup trop de rdvs à gérer. On a été baladés sur plusieurs hôpitaux, on a vu X médecins différents, on a fait x prise de sang et échographies. Bien sûr qu’on est rassurés d’être bien suivis, mais c’est loin d’être une partie de plaisir pour autant… et ça aussi, c’est épuisant. Cela devrait enfin se calmer sous peu. À moins que le suivi à domicile ne prenne la relève : on ne sait pas encore de quoi il retourne exactement..

Comme je suis KO, je dis « dormir » pour ne faire suer personne, mais je devrais peut être offrir le détail de temps en temps, histoire de calmer les gens, car il y a autre chose de lassant.
Tout le monde (amis, famille, médecins, personne random) s’amuse à me dire « Profites-en, dors bien, après tu ne pourras plus !« . Bon sang, ce que j’en ai ras le bol de cette vanne de merde que la Terre entière s’amuse à faire à chaque fois...  mais je ne peux rien dire.
Qui a envie d’entendre : je suis fatiguée à un point non descriptible tout le temps. Je me recouche par incapacité à juste garder les yeux ouverts et parce que même assise j’ai mal au bout d’un moment, seule la position allongée me soulage à peu près (et encore trop souvent, j’y ajoute la bouillotte et les cachets). Je ne dors qu’à moitié, par lot de deux à quatre heures. Je suis réveillée à chaque fois, que ce soit parce que soudain je n’arrive plus à respirer, que j’ai mal et besoin de reprendre un cachet, parce que soudain j’ai la gorge sèche et en feu et que je dois absolument boire, parce que j’ai fait un horrible cauchemar sur ce qui s’est passé, parce que j’ai besoin d’aller uriner… C’est une valse de désagréments tous très glamour qui font que je ne suis jamais réellement reposée. Alors non ; je ne pense pas que – pour moi – ça soit bien plus éreintant « après », même avec deux bébés. On sera deux aussi, à les bercer, les rassurer, les aimer, à les nourrir la nuit tombée… Là je suis seule à gérer mes maux (et tant mieux ! Que mon amoureux soit préservé autant que faire se peut !). Non je ne me repose pas là. Je douille, moralement et physiquement, et je n’ai plus la place pour de l’humour sur le sujet. J’endure et je me tais pour ne pas devenir un boulet (je me sens comme tel même sans ça déjà). Et j’essaie de le faire sans hurler et pleurer de rage, d’impuissance, de lassitude, et j’en passe. Parce que j’ai toujours gardé pour moi autant que possible ce qui met mal à l’aise les gens, ou ce qui risque de me valoir leur jugements imbéciles dont je me passe bien..

Ma lassitude n’est plus dicible. Après des mois à avoir mal, à angoisser, et à ne pas pouvoir récupérer la nuit, c’est devenu difficile de supporter la douleur et tout le reste. Même malgré les bonnes nouvelles. Celles-ci me font tenir, mais n’empêchent pas que je vive mal le côté handicapant de cette grossesse que je n’ai encore pas pu réellement vivre. J’essaie que ça change, de modifier ma perception des choses, mais même la meilleure volonté du monde ne fait pas tout.

J’envie toutes ces femmes radieuses, qui s’apprêtent joliment, exhibant leur ventre rond, marchant d’un pas léger et fier… je voudrais être comme elles, mais cela ne m’est pas possible. Ce n’est pas que je ne veuille pas : je ne PEUX pas, je ne suis pas en état…
Je n’ai pas « l’aura » des femmes enceintes. Moi, pour ne citer que l’essentiel : j’ai des cernes sous les yeux, de l’acné partout sur le visage, les cheveux qui graissent vitesse grand V, le corps qui tremble et s’effondre en 2 minutes, et la démarche d’un canard boiteux quand je m’efforce de marcher en limitant autant que possible les douleurs qui m’assaillent… ça fait mélodramatique, mais c’est vrai.. si j’apprécie de porter mes bébés et que j’arrive à sentir la joie à l’idée de les tenir un jour dans mes bras, cela n’efface en rien ce fait (ridiculement) trop tabou que je sais n’être pas la seule à vivre : je déteste être enceinte. Cette grossesse m’aura volé des mois de vies que je ne récupèrerai jamais, et la seule chose qui atténue ça, c’est de le voir comme un investissement, un prix à payer pour avoir une famille que je tenterai de construire selon mon coeur. Je ne serais jamais une femme enceinte radieuse. Point.

Et puis, je me mettrai en valeur avec quoi ? Vous avez vu le prix des vêtements de grossesse ? Il reste deux mois à tenir… je ne vais pas acheter des habits coûteux pour si peu de temps… Je n’ai pas osé avant : cela m’aurait fait trop mal de m’acheter de jolies choses exprès, et d’ensuite les regarder, inutiles traces d’un espoir écrasé, si ça avait mal tourné… Pour ma défense, je ne l’ai jamais dit clairement ici, mais j’ai déjà perdu deux bébés dans le passé. Cette douleur je la connais trop bien, je ne l’oublierai jamais. J’ai limité tout ce qui aurait pu m’achever si elle m’avait été ré-infligée..
Je n’ai acheté que le strict nécessaire : juste assez de culottes/soutifs confortables pour tourner, 2 pantalons, et deux ceintures sensées m’aider avec mes douleurs (et à l’efficacité très mitigées). Le reste, c’est ce que j’avais sous la main et qui passait : t-shirt trop grand ou distendus, vestes de toujours qui ne ferment plus, etc…. je suis loin d’avoir la classe… heureusement mon adorable conjoint me dit quand même régulièrement que je suis belle, sinon j’aurais ajouté à tout le reste le désespoir de me sentir hideuse… C’est déjà très culpabilisant de se sentir comme ça quand l’univers tout entier s’attend à vous voir rayonner… Ce sera, je pense, un regret à porter..

Si cela c’était mieux passé, j’aurais rêvé d’avoir au moins une jolie tenue à exhiber… peut être même un élément de lingerie joli, pour me sentir un peu « sexy » même avec le gros ventre… j’aurais aimé prendre soin de moi, m’apprêter, pouvoir aller marcher, toute pouponnée… J’aurais même pris un de ces t-shirts trop classique indiquant clairement que j’attendais un heureux évènement : le genre de t-shirt qu’on n’a plus vraiment de raison de mettre une fois qu’on a accouché..
Du superflu agréable, mais du superflu quand même, surtout quand on pense à tout ce qu’il va falloir acheter ensuite, pour pas mal de chose en double. Rien que le prix d’une poussette… enfin bref. Tant pis, c’est ainsi. Je crois qu’il faut que j’accepte que, de toute façon, absolument rien dans ce projet ne sera passé comme imaginé. On aura déjà de la chance si tout finit bien et qu’on s’en sort à la fin avec deux petits êtres tout fragiles dont il faudra prendre soin..

D’ici là, il reste quelques examens à passer. Heureusement, les médecins sont confiants. On recommence à se projeter… et moi un peu à paniquer..
On se rend compte qu’il reste à peine deux mois pour tout préparer. Choisir des meubles, des sièges auto, prévoir le minimum syndical pour les nourrir et les habiller, etc… comment arranger la maison ? À quel moment Lui doit il poser ses congés ?? C’est quoi les démarches administratives à prévoir ? On est sur deux hôpitaux car personne ne sait lequel va nous accueillir vu qu’on ignore à quel moment les bébés vont arriver. Etc.
C’est une organisation que je trouve au final assez colossale parce qu’on y connaît rien. On a pas pris le temps de « voir venir ». On a pas discuté de ça avec qui que ce soit, ni même entre nous. On s’est focalisé sur les problèmes urgents et ce qu’on vivait. On ne se sentait juste pas de raconter ce qui se passait, et on avait trop peur pour plus s’investir dans tout ça… là je me sens dépassée, il y a tant à penser ! J’essaie de surtout penser matériel, et pas trop à l’accouchement. Avec tout notre passif, cela m’effraie, je ne sais plus quoi penser..

J’imagine qu’au fil des jours, si la douleur veut bien rester un peu tranquille, si la fatigue accepte de s’estomper même un tout petit peu, j’y verrais plus clair. J’imagine qu’à force de se projeter, on va retrouver une joie sans tâche à l’idée de l’arrivée de nos bébés. En attendant, ça reste quand même globalement très irréel et compliqué….
mais on finira bien par se débrouiller et y arriver.