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Réflexions

Des morceaux en bleu

By | Blabla / News, Dessins, Évènement, Liens, Poésie / Texte, Réflexions | 2 Comments


Le 2 avril 2022, ce sera la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. À l’occasion, la ville de Saint-Étienne organise une animation sur la place Jean Jaurès, en partenariat avec une dizaine d’associations tournées vers l’autisme, dont celle qui m’a permis d’obtenir un diagnostic. L’évènement porte un nom qui me plaît forcément : « tous en bleu« .

Sur le stand de l’association qui m’a accompagnée, il y aura une exposition visant à montrer des oeuvres créées par des personnes diagnostiquées.
Comme toute personne étant dans ce cas là (combien on était, aucune idée), j’ai été contactée pour ça. Je crois que je n’ai pas tout compris quand on m’a contactée : je n’ai proposé que trois dessins pour montrer « mon univers ». J’ai aussi envoyé un texte et deux photographies. J’aurais eu bien plus à montrer, mais je ne voulais pas submerger l’interlocuteur, donc je me suis forcée à sélectionner.
Texte et photos n’ont pas été retenus, mais il s’avère que les trois dessins, eux ont été retenu ! On m’a proposé de faire afficher un titre et une description, je n’ai choisi de ne faire apparaître que le titre. J’étais déjà très contente à l’idée que quelqu’un veuille exposer un peu mes gribouilles, quelle qu’en soit la raison… et puis j’ai réfléchi, juste comme ça, et j’ai réalisé que je n’expliquais pas si souvent mes dessins… sauf peut être ici, mais pas toujours.

+ EDIT DU 1er Avril + : exposition annulée. Forcément hein.. En ce moment, tous les petits évènements me tenant à coeur sont annulés ou reportés… é_è tant pis, c’est comme ça.. Je laisse mon article.. au moins mes dessins seront visibles ici, même si je ne parle jamais de mon blog à personne…

J’aime l’idée que les gens y voient un peu ce qu’ils veulent, qu’en regardant ils puissent ressentir librement les émotions qui leur conviennent même si ce ne sont pas celles qui m’ont animée au moment de la création ou que j’ai mise en intention dedans.
Pourtant, là, je me dis « pourquoi pas ? ». Pourquoi ne pas, pour une fois, ici sur mon petit blog à moi, expliquer un peu ce qui me passait par la tête quand j’ai fait ces oeuvres que j’ai sélectionnées… Et puis ce sera l’occasion de reposter un peu certain dessins qui m’ont tenu à coeur.

(cliquez sur les titres pour afficher/masquer)
Premier dessin sélectionné : Dépression.

Deuxième dessin sélectionné : La pirate (en moi).

Troisième dessin sélectionné : Ouvre ton coeur.

S’il y avait eu d’autres dessins.

Si j’avais su que je pouvais en proposer plus de trois (si j’avais compris qu’il fallait envoyer tous les candidats et pas juste une sélection drastique montrant le genre d’œuvres réalisées), j’aurais tapé dans les dessins que je vais montrer là.

Une plume sur le coeur.

Au coeur du silence et l’Envol

La porte silencieuse ou « worLds » (: les mots sont des portes)

« Early morning » (Tôt le matin) ou « Fading in the Rain » (Se fondre dans la pluie)

La fée du lac

« Spring Moon » (Asperger)

Et voilà..
Peut être que des explications sont redondantes. Peut être que certaines creusent un peu plus que je ne le fais habituellement, ou complètent ce que j’avais déjà pu dire dessus. Quoi qu’il en soit, j’ai essayé d’expliquer quelques dessins importants pour moi. C’est un peu compliqué d’autant que j’ai du mal à me concentrer, surtout les derniers temps, mais j’espère que c’était compréhensible et intéressant (désolée s’il y a des fautes, je n’ai pas le courage de me relire !)… Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée que mes dessins seront probablement affiché au stand. Si j’arrive à marcher, j’essaierai peut être d’aller les voir et de voir les œuvres des autres aussi.. On verra !

Bonne journée, à bientôt.

Je dépose ça ici

By | Blabla / News, Dessins, Poésie / Texte, Réflexions | 3 Comments

Je me demande combien de fois au cours de ma vie, j’ai pu me rabâcher ou m’entendre reprocher que j’étais « différente », « anormale », « bizarre »…?
Combien de fois ai-je entendu des jugements sur moi que je ne comprenais pas tant ils étaient loin de tout ce que je me voyais ou tentais d’être ?
J’ai passé bien vingt cinq années de ma vie à me sentir totalement dysfonctionnelle, inadaptée à ce monde, incapable de le comprendre et de m’y faire entendre… Ce serait peine perdue de tenter de décrire la solitude dans laquelle j’ai pu évoluer, et les cicatrices que j’ai pu porter sans en faire part à quiconque… Je n’écris pas cela pour me plaindre, je pose un constat, et je m »interroge : tout aurait il pu être autrement ? le fameux « Si j’avais su », si « on » avait su…
Une question bien inutile, et pourtant, elle m’effleure souvent…

J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blog, à mots plus ou moins découverts (comme ici, ici, ou encore et surtout *), mais cette différence a été le pivot central de nombre de mes réflexions, de mes obsessions…

Il y a quelques années, j’ai entamé un long parcours. Un parcours encore inachevé dans le sens où pour faire reconnaître son débouché, j’ai encore beaucoup à affronter, quand j’en aurais le courage et la volonté. Un parcours incertain, éprouvant, en plusieurs étapes, attirée par un mot comme un papillon de nuit par la lumière trop vive d’un réverbère. Avec au coeur, un espoir insensé, un rêve émietté et discret : comprendre, et peut-être par la suite, pouvoir accepter… C’était devenu vital.

J’ai lu des centaines de pages web sur le sujet, des livres, des témoignages, j’ai regardé des vidéos en boucle, écouté des podcasts, fait des recherches toujours plus poussées… Qu’est-ce que j’ai pu pleurer, en lisant les lignes écrites par d’autres et qui pourtant, pour la première fois, à la perfection me décrivait, moi, l’anomalie inexpliquée… De découvrir que nous étions des milliers, tous aux mêmes épreuves confrontés, et dans la même solitude et la même inquiétude moulés, parfois pétrifiés..
Au fond de moi, j’ai très vite su. Je le sentais, même si j’avais infiniment peur de me tromper. Au début, mon conjoint a été le seul à ne pas avoir cherché à me détourner du chemin que j’empruntais pour obtenir une validation de mon ressenti et mon vécu.. même s’il ne comprenait pas tout, il a fait comme il fait presque toujours : il a accepté, parce que ça venait de moi, et que pour lui, ça ne changeait pas quoi que ce soit… ♥

J’ai eu de la chance, c’est allé « vite » pour moi. Certains attendent toute une vie une piste à remonter, ou une file d’attente qui daignerait les laisser passer… Je suis tombée au bon moment sur les bonnes personnes, en quelque sorte. Fin 2021, j’ai eu ma réponse. LA Réponse. Celle réponse que j’attendais désespéramment depuis si longtemps sans le savoir. Celle qui m’a enfin tendue un autre miroir… un que je pouvais croire.
Je l’ai accueillie avec force de larmes, de soulagement, et d’appréhension, mais ça a été une réelle libération.

♥ trois des livres posés sur la fin de mon chemin vers le diagnostic ♥

Toutefois, cette révélation reste suspendue à un fil bien ténu. Que je comprenne la raison de mes tourments est une chose incroyable, mais jusqu’ici, malgré une furieuse envie de le crier sur tous les toits, je l’ai beaucoup gardée par devers moi, comme un petit secret. D’abord parce que je suis un peu comme ça, surtout le temps d’intégrer les informations, et ensuite, parce que je manquais de foi. La foi de se dire « si j’en parle, mon interlocuteur l’acceptera« . J’ai fait quelques tentatives aux résultats variables… Quatre proches ont accepté l’information sans broncher (mes êtres humains préférés ♥). Deux proches ont accepté mais sans bien comprendre de quoi il retournait, ou avec une idée un peu biaisée de la chose et ses retombées. D’autres ont vivement protesté : c’est impossible, je m’invente des problèmes. Ah cette phrase… combien de fois l’ai-je entendu aussi ? Combien de fois ce que je pouvais être ou ressentir a-t-il été minimisé ou nié ?
C’est si fragile ce genre de choses. Les handicaps et les douleurs qui ne se voient pas sont si souvent ignorés, voire niés, et presque systématiquement mal jugés..

Aujourd’hui, le temps aidant, je commence à me dire que je m’en fiche, de ce que les gens pensent.. Je ne vais pas le crier sur tous les toits, mais je n’ai plus l’intention de me cacher. Je suis moi, avec ce fait impalpable qui me donne bien des faiblesses, mais aussi quelques jolies qualités que même le temps passé à me remodeler n’a pas pu complètement effacées…

Je le dépose ici, comme on poserait un objet délicat dans son carton tapissé de papier bulle et de coton.

Je suis Autiste Asperger.

Je suis toujours différente. Différente d’une norme, mais pas de milliers d’autres oubliés. Avec ma personnalités et ses fêlures, mais la même singularité que d’autres humains que je remercie d’exister. Je ne suis plus anormale, ou dysfonctionnelle, c’est ce monde qui l’est, par la façon non inclusive dont il a été pensé, et qui pourra(it) être améliorée, avec du temps, et de la volonté des deux côtés… J’ai toujours les mêmes défauts, les mêmes qualités, les mêmes problèmes à affronter, mais désormais : je sais.

Je ne suis plus complètement perdue dans un monde où je n’ai pas ma place. Je suis en recherche, dans un monde pas encore complètement exploré, d’un tout petit espace..

Après tant d’années à me haïr, moi l’anomalie dysfonctionnelle,
Si différente qu’elle s’isolait, quand elle n’était pas rejetée…
Prisonnière de sens et de pensées, d’effondrements trop réguliers,
Et en proie aux doutes sans arrêt.. Je peux enfin m’accepter.
Rudes furent mon errance et ma douleur confidentielles..
Gardez donc votre “normalité”, je cesse de m’y contraindre et de la désirer.
En réalité je peux accueillir qui je suis depuis que je sais..
Rien que moi, une Aspie qui -finalement- ne s’est pas si mal débrouillée.

May I always recall myself,
Even in bright light, there’s shadow,
even in dark night, there’s something to glow…

Texte: Évolution

By | Réflexions | No Comments
Au fil d’innombrables circonvolutions, s’affûtent, s’affinent, parfois s’effacent, ou s’enfoncent, et se déforment nos pensées, nos âmes et nos convictions. Rien n’est différent, mais rien n’est plus pareil non plus. Bricolages de mouvements si souvent imprévus.
Tout change et se transforme. Vont et viennent les couleurs et les contours à chaque heure de l’année ou du jour. Forces et faiblesses mêlées, meurent et naissent chaque nuitée, richesses sans cesse renouvelées.

Ombres et lumières se succèdent dans un insondable ballet, et je danse au milieu sans forcément le réaliser. Ballotée en tout sens comme dans le vent la fumée, plume perdue dans les ondes d’Alizé.

Parfois j’y laisse ou j’y gagne des morceaux de raisons. Des bouts de moi s’échappent dans ces tourbillons. Certains pour ne plus jamais revenir, d’autres pour un temps seulement. Ceux qui reviennent tombent comme autant de larmes et d’éclats de rire, en silence ou dans de grands fracassements.
D’aucun sont immuables, le reste est méconnaissable..

Et je change à chaque ressac de l’existence; je me perds et me retrouve, étrange voyage de la conscience qui s’éprouve. Inexorable. Impalpable..

Au milieu de ma peur du changement, il y a la beauté du Présent, et de quelque chose de plus grand. Cet indicible harmonie au sein de l’inintelligible chaos de la Vie.

Tout n’est que variation, apprentissage de leçons, et en regardant la route derrière moi, je comprends ce que je vois : ma propre Évolution.

Les ponts

By | Poésie / Texte, Réflexions | 4 Comments

Du bord de ce moi-même épuisé, je contemple les ponts que j’ai pu créer..

Ceux qui me sont devenus trop étriqués, et qu’il me faudrait modifier. J’ai grandi, et le monde -comme moi- a changé.
Ceux que les éléments ont bien usés, et qui menacent de céder si rien n’est fait. En suspens dans le temps, et pour lesquels il faut statuer : les réparer ou les abandonner.
Ceux qui ont brûlé, et ceux qui se sont écroulés. Ces ponts détruits sans réelle contrariété, parfois par ma main trop blessée, parfois par ceux avec qui je les partageais..
Ceux qu’on a rasés, ou laissé être emportés, mais à regret, parce qu’on comprenait le besoin de liberté, ou d’évoluer, d’oublier. Leurs ruines seulement partiellement immergées..
Ceux recouverts de brume, tous différents, que l’on n’ose plus traverser, car on ignore qui peut bien être encore de l’autre côté. Les regarder nous rend parfois apeurés, ou nous fait espérer. Choisir – d’attendre de le voir tomber si on est incapable de décider -, de le faire sauter pour s’en libérer, ou quelques fois, de prendre son courage et aller vérifier – par amour du souvenir qu’on en avait -.
Ceux qu’on a rebâtis, ou du moins, on a essayé. Qui ont parfois un drôle d’air ainsi rafistolés, qui peuvent manquer un brin de solidité, mais ça viendra peut-être une fois peaufinés, et alors ils seront tellement plus adaptés que ce qu’ils étaient.
Et puis bien sûr, il y a ces ponts qui n’ont jamais bougé, ils étaient déjà parfaits, immuables et sûrs depuis tant et tant d’années.

Toutes ces façons de construire quelque chose pour se relier, toutes ces couleurs -parfois surprenantes- que l’on découvre sur le trajet… celui pour aller de “l’autre côté”, “rencontrer”.

La vie n’est pas un long fleuve, tranquille et satiné. C’est une succession de rives, subtiles et bigarrées.

« Silent Door »

By | Dessins, Réflexions | 4 Comments

Il y a quelques temps, j’ai fait une nouvelle séance pour ma thérapie. Juste avant, j’avais dessiné une image qui s’était imposée à moi, puis j’avais rédigé des mots dans un poème sans prétention. Juste un morceau d’introspection. Un petit bout de l’ancienne moi qui s’efface à l’horizon.
Après ma séance, j’ai rajouté un paragraphe. Du genre qui change toute ma perception. Je crois que c’était le moment de se pencher un peu plus sur la question. Et là j’ai envie de partager ce qui était sorti au premier jet (modifié depuis – mais je garde le finish pour le mettre ailleurs), juste comme ça, car après tout je n’ai pas besoin de raison.

«  »
Je voulais juste faire partie de votre monde. Je n’ai jamais vraiment demandé davantage …

Ma vie résonne encore, parfois, des échos de mes prières passées, tout bas murmurées.
Je peux encore sentir le trou béant qu’ont creusé en moi des années de larmes douloureuses.

Mon cœur connaît ça si bien… la profonde tristesse intérieure… la cruelle solitude..

Ma mémoire est si pleine de toutes les pensées qui poignardent l’âme, quand elle est prisonnière d’un autre rivage,
Quand on attend et qu’on disparaît, seul dans le noir, transi de froid, et que personne n’est là pour s’en inquiéter.

Je suis désolée. Je me suis laisser devenir égoïste quand j’ai succombé à mes peurs trop nombreuses.
Depuis, j’ai toujours repoussé tout le monde. Ne le prenez pas personnellement. Je craignais que la folie ne devienne une habitude.

Pardonnez-moi. Je ne crois pas avoir appris à être autre chose qu’une porte silencieuse. . . .

Pourtant, peut-être… juste « peut-être »… Peut-être qu’aujourd’hui, je peux essayer de faire ce que je n’ai jamais fait avant…
Ouvrir la porte, et découvrir le monde qui se trouve de l’autre côté, et dont j’ai rêvé si longtemps ..?
«  »
C’est long, infiniment long. Mais je crois de plus en plus en une guérison.

Sorry Children (#LaPireExcuse) & Nous y sommes.

By | Liens, Réflexions | No Comments
« Cela me semblait loin, alors j’ai pensé qu’on avait le temps, que c’était pas si important que cela.« 
Ce genre d’excuse, ça pique et ça rend fou.
Ce n’est pas parce que le raz-de-marée a l’air loin qu’il ne va pas très prochainement tout dévaster sur son passage. On est précisément dans un cas comme celui-ci. On l’avait « prédit » : des décennies que les chercheurs de tous horizons tirent la sonnette d’alarme. Désormais, il se profile le « raz-de-marée » planétaire, c’est tangible pour qui veut bien ouvrir les yeux. « Nous y sommes ».
C’est le moment ou jamais pour choisir d’agir.
 
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Certains le savent, l’environnement est un sujet qui me tient à coeur.  Mon amour de la nature m’interdit de fermer les yeux sur ce qui la met en danger.  C’est pour cela que, petit à petit, et depuis des années, je change mes habitudes à la hauteur de mes possibilités pour mettre mes actes en accord avec mes idées. Ce n’est pas encore parfait, ça fait parfois un peu le yoyo, mais on maintient le cap.
 
Il faut accepter qu’on ne peut pas toujours tout faire, ou pas en même temps. Que s’adapter, c’est changer, remettre en question le confort quotidien, au moins un temps, celui de l’habitude et de la découverte des bienfaits engendrés par nos évolutions. Il faut aussi accepter qu’il arrive qu’une solution n’en est en fait pas été une, et qu’il faut changer à nouveau, que « bon sang, ça aussi, faut modifier ! ». Oui, c’est du boulot, mais ça vaut plus que largement le coup.
 
Il existe de nombreuses pistes pour agir. Tout le monde peut trouver quelque chose qu’il est capable de faire :
 
Limiter tout ce qui est à usage unique ou limité. Remplacer les « indispensables » par des solutions durables. Limiter les achats et privilégier le troc, les réparations, les prêts, etc.  Limiter les emballages, apporter les siens dès que c’est possible, et limiter les déchets. Mettre en place un compost, et des espaces fleuris pour faciliter la vie de la biodiversité et le travail des abeilles. Éviter les produits chimiques, quels qu’ils soient. Limiter l’usage de véhicule, et optimiser les trajets. Limiter la consommation de viande, oeufs, lait, etc. Consommer autant que possible local, de saison, et bio. Bannir les aliments et produits qui ne respectent pas la planète. Utiliser modérément l’énergie autant qu’on peut. Soutenir ceux qui entreprennent des démarches saines. Etc. La liste est longue.
 
Trouvez plein d’idées concrètes sur le site : « ça commence par moi » (long à s’afficher chez moi, pour info).
 
Un sacré défi, pas toujours très rigolo au début (mais sur le long terme, on se sent mieux !), pas toujours facilement réalisable suivant où l’on vit et les moyens qu’on a (mais ça vient, ça vient !). Un défi qui, relevé en masse, pourrait changer bien plus les choses, et donc un défi qui commence par tout un chacun, à son niveau. Un défi, par contre, à débuter pendant une durée limitée dans le temps…
 
Essayez de vous dire la même chose pour déléguer vos fonctions de base (respiration alimentation, etc.). Vous allez voir comme c’est sensé comme raisonnement… Sérieusement, si tout le monde se dit ça, on est foutu.
 
La mauvaise nouvelle, c’est que l’urgence grandit chaque jour qui passe, et que certaines choses perdues ne pourront jamais être retrouvées.
La bonne, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux à en avoir conscience, à être prêts à sacrifier le confort pour sauver tout ce qui pourra l’être, et qu’il y a encore beaucoup à sauver.
 

Vraiment beaucoup. En faune, en flore, et plus encore. Et pour ceux qui auraient besoin de motivation supplémentaire, ça permettrait de sauver tout simplement notre habitat. Parce qu’actuellement aucune autre planète n’est disponible pour nous accueillir ailleurs, et les billets de banques ne fournissant ni air, ni eau, ni nourriture, ils ne devraient même pas entrer dans l’équation. Nous avons besoin de la planète, son air, son eau, ses habitants, pour vivre. La planète elle, elle tournera sans nous, non sans s’être bien vengée avant. Si nous jouons la montre, nous sommes sûrs de perdre.

*tic tac, tic tac*
 
Après le mouvement « on est prêt » qui réunit les citoyens désireux de changer les choses et de prouver que oui, nous sommes prêts à faire ce qu’il faudra pour sauver le monde, arrive le mouvement « #LaPireExcuse« . Celui-ci propose de réunir les excuses qui selon nous, sont les pires qu’on puisse sortir le jour où il faudra expliquer à « nos enfants » pourquoi on leur laisse une planète poubelle alors qu’on pouvait changer les choses, et d’y apporter une solution adéquate pour agir dès maintenant : Excuse versus Action.
 
Excuse Versus Action, et vous, vous êtes sur quelle position ?
Images récupérées sur le site du mouvement « #LaPireExcuse » : SorryChildren.
 
Vous l’aurez compris, j’espère du plus profond de mon âme que quiconque passant par là aura à coeur de s’investir pour l’avenir. N’hésitez pas à faire connaître les mouvements qui encouragent les actions positives, à vous renseigner sur ce que vous pouvez faire à votre niveau, à sensibiliser sur la question les plus jeunes comme les plus vieux : ratissez large ! La planète est merveilleuse, la vie, la nature, même le mot « Demain » est resplendissant de promesses, alors ce serait pas mal que tout ça, ça continue à exister, pas vrai ?
 
Bonne soirée à tous, et à bientôt.

Corps et Décalage

By | Poésie / Texte, Réflexions | 2 Comments

L’attention et l’affection que je porte à mon corps ont beaucoup fluctué au fil du temps. Mon rapport à lui a toujours été soit inexistant, soit très compliqué.

Ceci est un poème de début d’Automne 2018, mais j’ai eu envie de le partager, car il est représentatif de nombreuses années :

Distante de quelques dizaines de centimètres, elle m’observe.
Étonnée, incrédule, elle copie le moindre de mes gestes.
Cette inconnue qui me fait face me dérange, me répugne, m’énerve..
A fleur de peau, mon cœur murmure  » je la déteste « .
L‘image qu’elle me projette n’est pas celle que je connais.
A qui donc est ce corps qui me semble étranger ?
Gardant mon calme, je m’obstine, je l’affronte, les larmes aux yeux.
Et pourtant c’est bien moi, la fille du miroir, qui me ressemble si peu.

Celui-ci, en revanche, est récent. Il correspond à une révélation que j’avais déjà eue, mais dont je n’ai pris la mesure que récemment :

Ce corps est le chariot de mon âme sur le chemin de la vie
Outils des sens et de l’esprit, il ressent à l’infini
Rivage de l’interface avec autrui, il m’ancre ici
Puissant et fragile petit abri, je veux prendre soin de lui
Si son image me contrarie, puis-je me rappeler tout ce qu’il a subi.

Depuis quelques années, j’ai essayé de mieux « m’entendre » avec mon corps, notamment en ne le maltraitant plus et en lui témoignant de la reconnaissance pour tout ce qu’il rend possible.
J’ai la chance d’avoir un corps complet, et en relative bonne santé. Ce n’est pas un acquis ni un dû, c’est un cadeau quotidien… et il est bien rude d’en demander davantage sans pleinement considérer cela.

Pour autant, c’est seulement depuis assez peu que j’arrive à affronter le « décalage » qui lui est lié, celui qui concerne son image : car je ne me vois ni ne me sens pas telle que me reflète le miroir, et c’est très très perturbant.

J’ai mis longtemps à accepter mon corps, et le fait qu’il avait évolué sans moi, sans que je ne le vois. Je lui en ai voulu, alors que j’avais moi-même évolué « sans lui », en l’ignorant totalement, et qu’il a fait ce qu’il a pu pour suivre. Il n’a fait que s’adapter, et vivre avec mon rejet de son image. Il a continué à me porter, quand bien même je m’en dissociais…

Aujourd’hui, je veux faire un pas de plus vers une Paix durable avec lui. Avec « nous ». Car que je le réalise ou non, je suis ce corps.
Il est moi, mon existence dans ce monde, la partie qui encaisse les dures réalités physiques, qui abrite mon esprit. Ce n’est toujours pas facile de le considérer comme mon « meilleur ami », mais je m’y emploie, petit à petit.. et j’essaie de le réinvestir.

Je pense que cela fonctionne plutôt pas mal, tout doucement, il guérit. Notre relation n’est pas encore parfaite, mais on avance de concert. Tant qu’il a la santé, je n’ai pas à me plaindre.

Car c’est pourtant si fragile un corps. Alors quand on y pense, à tout ce qu’un corps nous offre en termes de possibilités, quand on songe à tout ce qu’il est capable d’endurer sans lâcher totalement, et à quel point il lui est permis de se régénérer… C’est juste incroyable, et digne d’admiration, non ?

Aujourd’hui, je vous propose quelque chose : ayez une pensée consciente pour lui, et demandez vous la dernière chose que vous ayez faite pour prendre soin de lui. Moi en tout cas, c’est ce que je vais faire =)

Jolie journée à tous, et à bientôt !

Amitié

By | Dessins, Réflexions | No Comments

Il m’arrive souvent de me poser des questions, notamment  autour des relations sociales, ainsi que sur la communication et ses termes & concepts. J’ai besoin de comprendre les mots. De même, j’aime parfois à donner un sens précis à des mots un peu imprécis, j’apprécie de pouvoir structurer le vocabulaire pour l’employer au mieux (quand j’y pense ^^)… De fait, je peux m’accrocher à un mot, et le dévisager sous toutes ses coutures, passer des heures à le remuer, à le penser, à l’apprivoiser. Certains diront que je me prends la tête pour rien, mais c’est un cheminement logique, instructif, et parfois nécessaire, ou éventuellement divertissant pour moi.
Il n’y a pas si longtemps, j’ai eu une longue phase centrée sur les mots « amitié », et « ami ».

J’ai naturellement consulté le dictionnaire en premier lieu, mais cela reste évasif, peu concret. On y parle « d’attachement », de « courtoisie », « bonne entente ». Rien de plus que la base connue de tous. Rien de précis ne méritant une majuscule. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais j’aime bien aussi mettre des majuscules aux mots qui les méritent, ou que je personnifie un peu. Santé, Bonheur, Espoir, Vie, Amour…    « Amitié ».

C’est une idée à l’air objectif, qui recouvre pourtant une réalité totalement subjective.

Chacun construit son concept.

Quand j’étais petite, j’estimais que tout le monde était un « ami » (ou plutôt un « copain », je ne connaissais pas vraiment la différence), d’emblée, et indéfiniment, sauf rejet explicite. Depuis le temps et au fil des années, j’ai bien compris que c’était une vision parfaitement naïve et erronée de la chose, tout le monde « peut » en devenir un certes, mais j’ai compris « l’impermanence » de bien des relations sociales, et la force des autres. Et surtout j’ai commencé à attribuer à ce mot « Amitié » un sens plus profond, plus précis, plus « rare », mais aussi plus « important » dans ma tête et dans mon coeur.

On peut trouver un ami en un collègue, un frère, un conjoint. On ne sait jamais où un ami apparaîtra. L’Amitié aime jouer les surprises.

Chaque personne dans le monde pourrait donner sa propre définition en fonction de ses attentes dans la relation, de ses valeurs, et le sens qu’elle accorde aux mots. En fonction même de l’état dans lequel elle se trouve et qui pourra ne plus être le même à un autre moment. D’où sans doute, l’impossibilité de se mettre d’accord, et de la définir vraiment.
J’ai voulu déterminer ce que cela signifiait pour moi. J’en avais déjà construit, brique par brique, une notion bien à moi, mais depuis quelques années, je crois que j’ai raffermi davantage l’idée que je m’en faisais… Finalement, avec ces mots là, je sais « ce que j’ai, et ce que je perds », ce qui m’a conduite par exemple en 2017, à jeter ma bouteille a la mer.

Oui, je pense que j’ai trouvé « ma » définition. J’aimerais vous la proposer, et éventuellement connaître la vôtre.


La vie est pleine d’« amis/Amis »

Il y a une phrase qui dit « Tout le monde veut un ami, peu de gens se soucient d’en être un. ». J’y trouve un fond de vérité, mais aussi une réciproque « Ceux qui se soucient trop d’être des amis oublient souvent d’en avoir ». Un Ami est souvent une personne ayant trouvé le juste milieu, souvent sans avoir eu à se poser de questions. Un ami ne cherche pas à « être un ami » ou à « en avoir un ». Il ne vit ni « pour », ni « contre » nous. Il vit « avec » nous, et ça fait toute la différence.

De la façon dont je l’envisage, et pour jouer avec les mots et les lettres, l’Amitié est présente dans notre Vie via des « amis » et des « Amis » :
– Des « amis » à sens unique : on peut être un ami pour moi mais moi ne pas forcément en être un pour la personne, et inversement, ou pas en même temps.
– Des « Amis » à double sens : l’un pour l’autre, au fil de chapitres de l’existence.
Un ami/Ami peut être là pour une période donnée et s’en aller, ou pour la vie. Il n’y a pas de durée obligatoire à respecter, seulement celle que la vie nous réserve, et qui sera probablement fonction du lien que l’on entretiendra chacun à sa façon. Il n’y a pas véritablement de « meilleur » cas qu’un autre au final. Ce qui se termine a eu lieu quand même, et laisse sa trace. Cela ne change rien à ce qui a été partagé.

L’Amitié ne demande rien. Chacun est donc libre de « vouloir » ou « pouvoir » être ou non un ami.
– « Vouloir », car nous sommes tous libres de nous sentir ou non un attachement avec une personne, qui nous poussera à vouloir être présent pour celle-ci.
– « Pouvoir », car chacun, de base, essaie d’être un ami selon sa propre définition et ses propres moyens à un instant T.. et ne sera pas toujours considéré comme tel, même s’il le souhaite.

Bien sûr, on souhaite tous tomber sur des « Amis » avec un grand A, avec l’Espoir que ce sera « à la Vie, à la Mort ». Cela arrive, et c’est merveilleux. Mais cela n’impacte en rien la Beauté de ces amitiés éphémères dont la vocation n’aura été que de partager un peu de ce dont nous avions besoin au moment où elles sont apparues. Des sourires, des rires, des pleurs, des écoutes attentives, des coups de pouces… Ce n’est pas pour rien qu’on peut parler d’un « geste amical ». Cela recouvre parfois plus qu’on ne croit.


Qu’est-ce que l’« Amitié »  ?

Je n’ai jamais été très forte pour exprimer/expliquer ma vision des choses, c’est donc une tentative, probablement maladroite, qui n’engage que moi. Je pars naturellement du principe que la relation est authentique depuis son tout début, dont la base est un Respect sincère de l’individu.

L’Amitié, pour moi, est une forme de Liberté dans la Relation à l’Autre, et un Respect mutuel.
Je ne dis pas que c’est toujours facile, ou évident, ni que c’est éternel… mais que c’est Beau, et qu’il est parfois possible de choisir de la construire.

Être en relation d’Amitié avec une personne… C’est se sentir libre d’être qui l’on est, et accepté, c’est offrir cette même liberté à l’Autre. C’est être libre de partager, en toute confiance, ce que l’on souhaite partager. C’est avoir un libre arbitre total dans sa Loyauté envers l’Autre, mais aussi envers nous-même.

Car en Amitié, on ne nourrit pas d’attente illusoire : on communique ce qu’on est, ce qu’on veut/pense, ce dont on a besoin, et on vit les instants avec l’autre tels qu’ils sont. On peut partager avec un ami ses plus beaux moments comme les pires, sans souffrir de véritable jugement.
L’ami est celui qui fait de son mieux pour être là pour nous (en accord avec lui-même, ses besoins, etc.), même s’il n’y parvient pas toujours.
Il est celui avec qui on peut « discuter ». En quelque sorte, « il ne nous passe rien, mais nous ‘garde’ malgré tout  » : c’est à dire qu’au besoin, il n’hésite pas à nous dire franchement quand on a merdé, mais sans rancune personnelle, car rien n’est jamais fait contre lui, le Respect est toujours conservé en ligne de mire. Une fois les points mis sur les « i », il n’y a pas de conflit.
Il est celui qui nous apprécie pour nous même, nous accepte même dans notre imperfection, ne cherche jamais à nous nuire ou nous changer. Il ne se changera pas non plus pour nous, il ne cherche pas à accéder à nos moindres desiderata, surtout si ça ne lui convient pas.
Il a sa propre personnalité lui aussi, vit la relation en accord avec lui-même, sans jamais se renier. De fait, un Ami a autant le droit que nous d’avoir ses avis, ses humeurs, ses erreurs, ses échecs.. ses hauts, ses bas. Sa Vie. Le temps peut passer, la Distance s’allonger … ce sentiment que l’on éprouve demeure inchangé. Et lorsque la porte s’ouvre sur ce visage aimé, le coeur bondit avec la même intensité.

L’Amitié est une forme d’expression d’Amour, et l’Amour vrai est inconditionnel.

Voilà, c’est comme ça que je vois ces mots, que j’entends leur sens.
C’est peut-être un brin idéaliste, mais j’ai la Chance d’avoir dans ma Vie des gens en or qui sont la source même de cet idéalisme et de cette définition.

D’ailleurs, au passage, un immense « Bisou-Câlin-Merci » spirituel à tous les Amis/amis qui partagent ou ont partagé ma vie. Chacun d’entre vous est un astre dans le ciel de ma vie, et mon ciel est juste magnifique grâce à vous tous <3

Douce journée, et à bientôt.

Si j’étais une couleur ..

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… je serais le Bleu.

Bleu

Ma couleur préférée est le bleu dit « Turquoise » (ou « Cyan »), mais tous les bleus sont beaux.
Le Bleu a tant de facettes qu’il en est captivant, pour apprendre à le connaître, il faut du temps.

– Le Bleu, c’est moi au départ : neuve et candide.
– Le Bleu, c’est un cocon réconfortant, ma chrysalide.
– Le Bleu, c’est la couleur des souvenirs de ma Mamie, douce et attentive.
– Le Bleu, c’est mon âme en fleur, sentimentale et émotive.
– Le Bleu, c’est aussi le regard de mon amoureux.
– Le Bleu, c’est l’été quand le Soleil est éclatant dans les cieux.
– Le Bleu, c’est l’hiver et le froid, quand tout est neige et glace.
– Le Bleu, c’est quelque chose qui s’en va, la mémoire qui s’efface.
– Le Bleu, c’est léger comme l’Heure qui précède le jour, encore un peu de patience.
– Le Bleu, c’est parfois lourd et profond, comme le voile de la Nuit qui s’avance.
– Le Bleu, c’est l’Horizon, Berceau d’une Union où le Soleil sommeille.
– Le Bleu, c’est L’Eau, cette Essentielle qui fait des Merveilles.
– Le Bleu, c’est la Mer, qui fait danser des navires sur la houle scintillante.
– Le Bleu, c’est l’Océan, poumon du Monde qui regorge d’une Vie étonnante.
– Le Bleu, c’est une petite ecchymose, une meurtrissure de l’Existence.
– Le Bleu, c’est un sentiment de Paix, un murmure qui fait un souhait en Silence.
– Le Bleu, c’est de multiples teintes et variantes, couleurs de mes humeurs.
– Le Bleu, c’est la couleur qui parle le plus à mon cœur.
– Le Bleu est ce qu’il veut : Marin, Persan, Pétrole, Roi, Acier, il n’a qu’à choisir.
– Le Bleu a un goût d’Avenir.

Le Bleu est un camaïeu de symboles et d’émotions qui crée des tableaux.
Le Bleu c’est mon passé, mon présent, et ce vers quoi je tends.

Si j’étais une couleur, je serais le Bleu.

Vulnérable

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Quand j’ai peur ou que je suis blessée, des voix résonnent dans ma tête…

« Tu es fragile » me disent les voix de ma soeur, de ma mère, d’autres.
« Tu es forte » me disent les voix de mon amie, de mon conjoint, d’autres.

« Fragile ». Comme un objet qui se casse en tombant, ou s’ébrèche au moindre contact un peu rude, et ne saurait être réparé.
« Forte ». Comme un mur qui se dresse fièrement et supporte les coups sans broncher, ou que l’on pourra reconstruire à l’infini.

Étrange parallèle, qui n’a aucun sens pour moi.
Il est vrai que l’on peut être à la fois fort et fragile. Tout dépend du contexte, du moment, de l’épreuve…
Pourtant, je ne me retrouve dans aucun de ces termes.

Je ne suis pas « fragile ».
Oui, j’ai été plus d’une fois brisée et piétinée, mais je n’ai pas encore renoncé que je sache.
Oui, c’est lamentablement que j’avance, l’âme à vif, il n’empêche que je ne suis pas à l’arrêt.
Oui, parfois je panique et suis terrorisée, pourtant je ne laisse que rarement le dernier mot à mes craintes.

Je ne suis pas « forte ».
Oui, j’ai encaissé plus que je ne le dis et je me bats encore, mais je le fais tantôt claudiquant, tantôt en rampant, sans savoir où cela mène.
Oui, je m’obstine face à la Vie et ses injustices, agrippée à ma volonté, mais je le fais le cœur submergé de sanglots et de peurs.
Oui, je combats mes peurs, mais j’ai tout de même besoin de les exprimer et de leur laisser un peu de place pour les vivre.

En fait, je suis tout simplement humaine, comme tout le monde. Cela signifie que je ne suis ni fragile, ni forte, je suis juste « vulnérable », j’ai mes peurs, et je sais faire montre de courage, parfois.

Je trouve triste que le monde fasse sans cesse l’amalgame entre vulnérabilité et fragilité, de même que dans une moindre mesure, entre force et courage. Pourtant, si les mots sont distincts, ce n’est pas sans raison, non ?
Peu m’importe que vous saisissiez ou non la différence, le dictionnaire de mon cœur connaît l’importance de ses propres nuances, surtout celles-ci.

Je ne suis ni fragile, ni forte, et je n’ai pas besoin d’étiquette qui déterminerait à l’avance mes capacités, jusqu’à la fin des temps, niant par là même la variabilité de l’être vivant.

Si je n’ai pas de quoi être fière, je n’ai pas non plus de quoi avoir réellement honte. Je ne cherche pas particulièrement la première, je maintiens la seconde à distance. A fleur de peau, je suis une écorchée, mais une écorchée qui continue à cheminer à côté de vous, envers et contre tout, même si ça fait mal.

Parce que s’ouvrir au monde et s’y exposer, c’est accepter la possibilité des échecs, des blessures, des injustices…, c’est accepter d’être vulnérable.

Parce que c’est en étant vulnérables qu’on est vraiment vivants, vraiment humains.
Et parce que quelles que soient nos différences, nous sommes tous frères, et il est vain de vouloir juger les « faiblesses » et les coups de mou, les « forces » et les réussites.

En ce moment, je revendique le droit de dire que j’ai peur. Car j’ai peur des envies qui ont fini par naître en moi, peur des épreuves à venir, peur de me rétamer encore une fois, peur des éléments de demain que je ne peux maîtriser, peur que tout s’arrête aussi.
Je revendique le droit à ma vulnérabilité, et celui de l’exprimer.