Journal – Pavé de pensées vers demain

By | Blabla / News | 3 Comments

Nous y sommes presque.. dans quelques jours… Et pourtant je ne réalise toujours pas.

Il m’arrive encore de regarder mon ventre et de constater avec surprise sa taille, me souvenant d’un seul coup de ce qui se prépare : deux vies, à l’intérieur… C’est tellement fou… irréaliste, encore plus que tout le reste auparavant. J’ai du mal à vraiment croire que la semaine prochaine, deux bébés nous rejoindront dans « la vraie vie », et dont il faudra s’occuper du mieux possible..
Ils ne seront plus à l’intérieur de moi, protégés tant bien que mal – enfin, ont-il réellement déjà été à l’abri là dedans, avec tout ce qu’il s’est passé ?? Ils ont bien du mérite de s’être accrochés. C’est que ce sont déjà deux petits êtres bien battants, de vrais guerriers miniatures, mais ça reste si fragile, un humain, surtout au début…

J’aurais tant de projets, d’idées, d’espoirs… j’ai tant de doutes, de peurs, de questions… et pourtant aucune énergie pour m’y pencher dessus, là tout de suite. Le fait d’avoir passé si longtemps dans les problèmes de santé qui nous ont empêchés de nous projeter, nous n’avons rien préparé comme nous l’aurions souhaité. On a encore des choses à préparer, une pile monstrueuse de bouquins à lire, et j’en passe… Cela devra attendre encore un peu. On parera au plus urgent, celui qui arrive maintenant, presque immédiatement.

À vous, mes enfants à naître, petites âmes nouvelles…
j’ai à la fois hâte de vous rencontrer, et que les douleurs puissent cesser (remplacées par d’autres, probablement, pendant un temps), et infiniment peur de ne pas réussir à gérer…

J’ai déjà raté milles choses que j’aurais voulu faire pendant la grossesse. Pas seulement pour moi (comme des photos tous les mois de mon ventre), mais pour vous aussi. Vous chanter des chansons, vous faire écouter plein de musiques différentes, vous parler plus souvent, faire plus de session méditatives, créer vos premières peluches, vous choisir une tenue particulière… Hélas, entre deux asthénies et deux heures remplies de douleurs, je n’ai trouvé le temps que de vous observer faire remuer mon ventre, fascinée et incrédule… J’ai déjà laissé échapper trop de temps, d’occasions.. et je sais que ça risque d’arriver encore… M’en voudrez vous ?

Mes bébés. Vous m’apparaissez encore lointains. Petites choses invisibles, impalpables. Je n’ai pas réussi à déjà vous aimer aussi fort que je l’aurais souhaité, j’avais trop peur de vous perdre et de trop en souffrir, alors j’ai contenu, contrôlé, redirigé… J’ai ressenti l’amour et l’ai exprimé, mais c’était si loin de ce que ça aurait pu être, si je n’avais pas mis cette protection en place, ce mur de raison… et je sais qu’il me faudra travailler ce retrait pour le briser quand enfin on va se rencontrer, surtout en sachant que votre arrivée ne sera pas non plus celle dont j’avais rêvé.
Jusqu’au bout ou presque, j’ai cru qu’on échapperait à la « Néo-nat ». Apprendre l’inverse m’a tellement fait pleurer… Savoir que vous ne dormirez probablement pas à mes côtés dès la première nuit (et probablement plusieurs), qu’il faudra sans doute aller vous voir au bout du couloir dans une chambre de surveillance, que peut-être je vais vous voir avec des ‘câbles’ un peu partout sur votre peau.. et que votre Papa ne pourra peut-être pas être là, au moins pour les premières nuits. j’essaie de ne pas trop y penser, car ça m’est douloureux par avance..
Ma seule satisfaction au final, c’est d’avoir réussi à vous aimer, même trop peu, de façon inconditionnelle. C’est le point qui compte le plus pour moi actuellement, ce que je veux pouvoir vous apporter impérativement.
Vous n’avez rien fait pour me blesser, je n’ai juste pas eu de chance sur le trajet… et même si pour éviter d’admettre l’attachement déjà en cours, je vous appelais juste « mes bestioles », vous vous êtes accrochées. Je me sens pleine de gratitude pour cela, et je suis déjà si fière de vous..
Alors je ne vous ai pas voulues de tout ce qui s’est mal passé, même quand j’ai eu peur que « vous » ne m’abandonniez. J’ai été révoltée, désespérée, fatiguée, oui mais je l’ai accepté sans vous le reprocher : j’ai gardé en tête que rien n’était de votre fait ou volonté, pas même les douleurs que vos mouvements ont pu provoquer.
Je n’aurais jamais imaginé que la grossesse me coûterait autant, à tous les niveaux, mais je n’ai pas perdu de vue que la faute n’en revenait à personne, et même lorsque je pleurais, j’arrivais à vouloir vous rassurer, à m’enquérir de votre bien-être, etc. Je sais qu’à l’avenir aussi, j’aurais des moments de colère, de détresse, et tant d’autres encore. Je sais que je vais perdre le contrôle de ma tête et parfois aussi de mon corps, mais je crois qu’il me sera possible de ne jamais le diriger contre vous… en tout cas, je ferai tout pour; Alors battez vous mes petits bouts. Ne lâchez rien. Continuer de vous développer du mieux possible, puis grandissez. Devenez deux merveilles sur pattes qui apprendront la vie avec nous. Car nous allons apprendre tous les quatre les uns des autres. Des leçons faciles, des difficiles.. Bon sang j’espère être à la hauteur.. j’ai tant de lacunes dans ce monde..

Je suis quelqu’un qui a besoin de beaucoup de silence, de solitude, et d’intimité. Je sais qu’à votre arrivée, il me faudra m’en passer grandement, voire totalement, pendant quelques mois à quelques années au moins.. C’est un sacrifice que j’étais prête à consentir pour vous rencontrer, mais je sais que cela me sera très difficile. Ce que j’ignore, c’est si j’en serai finalement capable… Je ne peux rien promettre d’autre que « je ferai de mon mieux ».

Je pensais en connaître déjà un bon rayon en douleurs et fatigue, mais cette grossesse n’a eu de cesse de me faire revenir sur cette idée. Les douleurs ont pu changer, l’intensité varier, mais bon sang, jamais je n’avais été aussi éprouvée… Cela ne s’arrête jamais… Je ne sais pas dans quel état d’épuisement moral et physique je serai pour vous accueillir…. Pardon par avance… Je risque fort de manquer de patience et de courage pour faire les choses comme je les avais rêvé…
On sera deux à s’épauler, se relever.. mais il y aura probablement des moments où on aura besoin de s’isoler pour récupérer sans vous blesser, ou le moins possible… On n’en sera pas fiers, on n’en abusera pas… mais je crois que c’est important d’être conscients de ça..

Pardonnez-moi, je ne veux pas non plus m’oublier pour vous. J’ai trop vu ce que cela donnait chez mes proches… J’ai pu sentir la frustration, le besoin de tout contrôler, le désespoir parfois, et la rancœur, bien souvent inconsciente comme le reste, mais le tout pouvant être dévastateur, pour la mère ou les enfants, lorsqu’ils refont surface. Parfois pour les deux, et leur lien ensemble..
Je ne veux ni tout porter seule, ni m’en délester sur vous ou sur votre Papa. Je veux faire de mon mieux, sans dissoudre mon moi dans le seul titre que j’aurais à vos yeux..

Je ne veux pas m’en vouloir, et je ne veux pas vous en vouloir, vous tenir pour responsable de cette pression que subissent (et se mettent) les mamans. Je veux être juste avec vous, et me sentir bien avec moi-même. Je veux créer un lien d’amour non terni par les attentes.. et pour cela il faudra bien qu’on réussisse à le créer malgré mes limitations, et les vôtres.

J’espère trouver le juste équilibre entre rester ma seule priorité comme si je n’étais pas maman, et tout vous sacrifier comme si je n’étais rien d’autre désormais.. Une balance de type « ce sera Vous chaque fois que possible, et moi chaque fois que nécessaire ». Je me doute qu’il y aura des ratés parfois, mais je ferais en sorte qu’ils soient les moins nombreux possibles.
Pour cela j’aurais besoin de pouvoir rester un minimum une femme qui écoute aussi ces propres besoins.. j’espère que cela vous apprendra également à respecter les vôtres au passage, et qu’on pourra, petit à petit, en discuter ensemble, à mesure que vous grandirez. Et puis heureusement, il y aura votre Papa pour m’aider avec tout ça.. Et parfois on ne sera pas d’accord, parce qu’il est déjà complètement gaga ( ☺ ! ), et qu’il reste un humain à part entière lui aussi, avec ses propres besoins & avis…

Il y a plein d’autres choses que je voulais vous écrire… sur moi, sur vous, sur ce qui semble nous attendre… sur ce monde à la fois incroyablement beau mais aussi détestablement fou… Mais ce n’est pas le moment, n’est-ce pas ? Pensons à autre chose… et mettons fin à ce blabla sans queue ni tête qui n’a nul endroit où aller.

La valise est presque bouclée.
Vos lits sont quasiment installés.

Non, nous ne sommes pas prêts. Personne ne l’est vraiment jamais.. Mais peu importe, après tout. Il faut bien un jour apprendre à improviser !

Quelques jours encore avant votre arrivée…

 

Des morceaux en bleu

By | Blabla / News, Dessins, Évènement, Liens, Poésie / Texte, Réflexions | 2 Comments


Le 2 avril 2022, ce sera la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. À l’occasion, la ville de Saint-Étienne organise une animation sur la place Jean Jaurès, en partenariat avec une dizaine d’associations tournées vers l’autisme, dont celle qui m’a permis d’obtenir un diagnostic. L’évènement porte un nom qui me plaît forcément : « tous en bleu« .

Sur le stand de l’association qui m’a accompagnée, il y aura une exposition visant à montrer des oeuvres créées par des personnes diagnostiquées.
Comme toute personne étant dans ce cas là (combien on était, aucune idée), j’ai été contactée pour ça. Je crois que je n’ai pas tout compris quand on m’a contactée : je n’ai proposé que trois dessins pour montrer « mon univers ». J’ai aussi envoyé un texte et deux photographies. J’aurais eu bien plus à montrer, mais je ne voulais pas submerger l’interlocuteur, donc je me suis forcée à sélectionner.
Texte et photos n’ont pas été retenus, mais il s’avère que les trois dessins, eux ont été retenu ! On m’a proposé de faire afficher un titre et une description, je n’ai choisi de ne faire apparaître que le titre. J’étais déjà très contente à l’idée que quelqu’un veuille exposer un peu mes gribouilles, quelle qu’en soit la raison… et puis j’ai réfléchi, juste comme ça, et j’ai réalisé que je n’expliquais pas si souvent mes dessins… sauf peut être ici, mais pas toujours.

+ EDIT DU 1er Avril + : exposition annulée. Forcément hein.. En ce moment, tous les petits évènements me tenant à coeur sont annulés ou reportés… é_è tant pis, c’est comme ça.. Je laisse mon article.. au moins mes dessins seront visibles ici, même si je ne parle jamais de mon blog à personne…

J’aime l’idée que les gens y voient un peu ce qu’ils veulent, qu’en regardant ils puissent ressentir librement les émotions qui leur conviennent même si ce ne sont pas celles qui m’ont animée au moment de la création ou que j’ai mise en intention dedans.
Pourtant, là, je me dis « pourquoi pas ? ». Pourquoi ne pas, pour une fois, ici sur mon petit blog à moi, expliquer un peu ce qui me passait par la tête quand j’ai fait ces oeuvres que j’ai sélectionnées… Et puis ce sera l’occasion de reposter un peu certain dessins qui m’ont tenu à coeur.

(cliquez sur les titres pour afficher/masquer)
Premier dessin sélectionné : Dépression.

Deuxième dessin sélectionné : La pirate (en moi).

Troisième dessin sélectionné : Ouvre ton coeur.

S’il y avait eu d’autres dessins.

Si j’avais su que je pouvais en proposer plus de trois (si j’avais compris qu’il fallait envoyer tous les candidats et pas juste une sélection drastique montrant le genre d’œuvres réalisées), j’aurais tapé dans les dessins que je vais montrer là.

Une plume sur le coeur.

Au coeur du silence et l’Envol

La porte silencieuse ou « worLds » (: les mots sont des portes)

« Early morning » (Tôt le matin) ou « Fading in the Rain » (Se fondre dans la pluie)

La fée du lac

« Spring Moon » (Asperger)

Et voilà..
Peut être que des explications sont redondantes. Peut être que certaines creusent un peu plus que je ne le fais habituellement, ou complètent ce que j’avais déjà pu dire dessus. Quoi qu’il en soit, j’ai essayé d’expliquer quelques dessins importants pour moi. C’est un peu compliqué d’autant que j’ai du mal à me concentrer, surtout les derniers temps, mais j’espère que c’était compréhensible et intéressant (désolée s’il y a des fautes, je n’ai pas le courage de me relire !)… Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée que mes dessins seront probablement affiché au stand. Si j’arrive à marcher, j’essaierai peut être d’aller les voir et de voir les œuvres des autres aussi.. On verra !

Bonne journée, à bientôt.

Rattrapage Janvier/Février

By | Dessins, Poésie / Texte | 4 Comments

Enfin un peu de temps et d’énergie pour tenir le blog !

J’en profite pour exhiber les plantes que j’ai adopté en Janvier. J’ai éprouvé le besoin d’avoir du vert à côté de moi.
Pour le moment, elles tiennent le coup, qui sait combien de temps ça va durer ? Bon les photos sont faites avec le téléphone alors c’est pas fou-fou, mais les plantes sont jolies, non ?

Aller. Il est temps de faire un petit point de rattrapage sur les créations des mois de Janvier/Février !

Pas tant de créations que ça au final, mais comme toujours : une créa, ça reste une créa ! Je me console comme ça, en me disant qu’au moins, il n’y a pas rien.

Bien sûr, comme je ne peux toujours pas marcher, je ne sors pas, donc toujours pas de photo…. L’Automne est mort sans moi, l’Hiver est passé sans moi, et le Printemps précoce, lui aussi, s’éveille sans moi… Certains jours ça me fait très mal, mais c’est pour la bonne cause, alors j’espère juste que je pourrais me rattraper l’an prochain 🤞

Pas non plus de réalisation manuelle. Je n’ai eu ni le temps, ni l’énergie, ni la patience… J’ai vaguement essayé de prendre un cours de crochet, hélas mes mains tremblent tellement et ma tête est si floue que c’est pas possible, et comme – évidemment – je n’ai pas réussi du premier coup, j’ai manqué de volonté pour reprendre après l’opération. Je verrais plus tard, quand j’aurais l’impression d’avoir la tête plus claire et le contrôle de mes membres.

En Janvier, deux ou trois bricoles, mais rien de bien notable en dehors :
– d’un essai licorne différent de d’habitude,
– d’un petit chibi fait pour Ikuto, un petit Prince choupitroll que j’aime beaucoup,
– et d’un dessin juste comme ça.
C’est tout.

En Février, une bonne surprise en début de mois : ma toute première « Daily Deviation » sur Deviant Art.
En fait, tous les jours, il y a un certain nombre d’œuvres dans chaque catégorie qui sont désignées pour être mise en avant. C’est loin d’être « rare » puisque c’est tous les jours et que les deviations y sont par dizaines, mais les œuvres sur le site se comptant en millions sinon bien davantage, et étant personnellement une toute petite créatrice qui ne communique pas sur son travail, ça reste un truc assez dingue qu’une de mes créations soit sortie du lot ce jour là ! Curieusement, ce n’était ni un dessin, ni une photo, mais une poésie en Français qui a été mise en avant : mon poème « Cadeau« . Un petit peu de baume sur la montagne de soucis que j’avais à ce moment là.

Côté Twitch : un peu d’animation, principalement pour le plaisir et penser à autre chose :
– une émote papillon qui change de couleur pour faire une émote animée sur ma chaîne*,
– un renne qui câline une licorne (inspiré par un gif existant mais fait avec les personnages de la copine IGotYB – date en réalité de fin Janvier),
– une autre émoji animée : j’ai juste retaillé mon animation de raid et l’ai basculé dans le bon format
– une licorne dans une télé pour mon alerte de Host,
– une licorne qui fait un looping pour l’alerte de dons de bits et comme éventuelle transition de scène (si un jour je trouve précisément comment on fait).

Côté pas animé, j’ai refait mes overlays pour qu’ils soient plus dynamiques et avec une identité visuelle un peu moins plate.J’en poste un histoire qu’on voit un peu. C’est l’écran de base de la scène de dessin.

Envers et contre tout, j’ai aussi réussi à maintenir (même si carrément moins que voulu) une activité twitch, et pourtant mon PC agonisant m’a mis bien des bâtons dans les roues (plus ça va, moins il fonctionne bien… et en changer serait un sacré budget -_-‘). J’avais plein de projets pour cette chaîne. La plupart sont pour le moment reportés jusqu’à une date ultérieure plus que floue… Néanmoins, j’essaie de garder la fierté de ne pas avoir abandonné.

Vite fait, j’ai aussi fait deux gribouilles pour la copine Leia_Tortoise. Une tortue un peu « tatouage » qui n’a pas servi mais que j’aime bien, et une mini tortue bulle pour faire l’icône de ses points de chaîne. Je les mets en petit vu que c’est pour elle que je les ai faites.

Côté texte : je n’ai pratiquement rien gardé, sauf quelques lignes, écrite un jour où, perchée à ma fenêtre, je désespérais de pouvoir aller marcher… je les ai écrit pour illustrer un test dessin sur le thème du Vent.

Sortir pour écouter le Vent chanter dans le décor,
le sentir jouer avec ses cheveux, envelopper son corps;
L’observer danser et tout animer au-dehors,
respirer à plein poumons, et en vouloir encore..

Côté Gribouille : Seulement 5 dessins.
– Un design pour le fun, et pour « le sel ». Parce que c’est fou comment les gens qu’on croise ont presque toujours des conseils non sollicités à donner pour nous expliquer comment gérer nos vies, surtout quand on est enceinte et  – je pense que ce sera pire encore – quand on devient parent. J’envisage très sérieusement de m’en prendre un pour le mettre chaque fois que je mettrai le nez dehors… en tout cas, il est en ligne dans ma boutique Spreadshirt.
– Un délire rapide en guise de souvenir d’un live de IGotYB parce que j’ai passé un bon moment et que j’ai pensé que ça pourrait être cool. Je l’ai fait pendant son live et un peu après.
– Un dessin inspiré par mon beau frère, lequel avait vu, dans mon dessin posté ici une femme enceinte, une « déesse de la fertilité ». Ce n’était pas le cas, mais j’ai aimé l’idée du thème. J’ai commencé l’esquisse avant une période compliquée, la finir m’a un peu coûtée, mais je l’ai fait.
– Un dessin dont l’esquisse avait été faite pour la Saint Valentin, je ne l’ai finie que plus d’une semaine après, quand le calme est un peu revenu.
– Un dessin de fin Janvier, peaufiné début Février, qui aurait du servir à annoncer la grossesse, si tout s’était passé plus calmement… On avait imaginé l’imprimer sur du papier holographique pour avoir le rendu coloré en fond.

Le dessin de la rousse enceinte a sa création pour partie en vidéo sur ma chaîne youtube, et le dessin de la St Valentin a toute la partie de numérisation en ligne également. Pour rappel ma petite chaîne est par là. J’avais bien préparé les vidéos, j’ai juste mis du temps à les uploader.

 

Et parce que ça fait du bien d’être un peu gourmand parfois, il est bon de le noter quand même : on a fait un peu de cuisine avec mon chéri.
– De la tapenade d’olives vertes,
– et des cookies.

Cela n’a l’air de rien, mais croyez moi, ça compte !

Et je crois que c’est tout pour ces deux derniers mois..!

Je suis quand même contente d’avoir réussi à sortir des trucs, même dont je ne suis pas pleinement satisfaite, en cette période si compliquée. Je sais que tout n’est pas terminé, que mon corps va encore souffrir et avoir besoin de récupérer, que le temps va continuer à me manquer, qu’une pause risque de s’imposer, que mon moral va devoir redoubler de volonté… mais aujourd’hui est un jour où je me dis que je peux y arriver.
Les doigts croisés, les yeux fixés sur l’objectif à réaliser. Avancer. Ne rien lâcher. Un jour, ça finira par aller.

À bientôt ♥

Journal – Irréel et compliqué

By | Blabla / News | 2 Comments

Je suis toujours là.

Pour des raisons personnelles, je me suis retrouvée avec très peu de temps et d’énergie pour tenir le blog, dessiner, ou même streamer;…  J’ai bien envie, là que je peux enfin me poser un peu, de profiter d’un répit pour faire un petit résumé de ce qu’il s’est passé.

J’ai écris je ne sais combien de textes sur ce que je traversais, pour tous les supprimer, les uns après les autres… je n’arrivais pas à en parler. Finalement, c’est à la veille d’une opération (encore incertaine à ce moment là) que je me suis débloquée…

Cette opération, c’était un risque pour moi de perdre les deux enfants que je porte actuellement. Un risque pour mon conjoint et moi de voir s’envoler une nouvelle fois nos projets… Dès qu’on nous a prévenu que l’opération « risquait » d’être inévitable, on a prévenu nos très proches de ce qu’il se passait. On s’est dépêchés de faire une vraie place à nos deux bébés avant que tout ne tourne éventuellement au cauchemar… les cauchemars, on connaît..

On était déjà un peu au bout du rouleau. Moi surtout. Dès le début de la grossesse, celle-ci a été un fardeau. D’entrée de jeu, il a fallu digérer, les unes après les autres, les nouvelles un peu assommantes…

Pour moi le premier choc a été d’apprendre que j’étais enceinte. J’avais toutes les raisons de m’en douter, mais curieusement là, je n’y croyais juste plus.
Je venais peu ou proue de finir mon deuil de ce projet là. Dessiner un nouvel avenir m’avait demandé beaucoup de force. Aimer de nouveaux projets, me préparer à m’y investir à fond, ça m’avait pris du temps, de l’énergie… J’avais commencé, mais je n’étais pas dans le meilleur état pour commencer. Et de nouveau tout basculait mais dans l’autre sens… je n’ai pas compris de suite ce qui m’arrivait.
Rapidement, j’ai ravivé mon petit rêve de fonder une famille avec mon compagnon. Je ne serais probablement pas la meilleure maman du monde, mais j’étais prête à tout pour faire de mon mieux pour m’occuper de mon enfant… Je n’ai pas pensé un seul instant qu’il pourrait y en avoir deux. La nouvelle est tombée comme « un parpaing sur la tartelette aux fraises de mes illusions » comme dirait ce cher Boulet.
Deux bébés… Deux fois plus de frais pour leur arrivée. Deux fois plus d’attention à donner. Deux fois plus de couches à changer. De possibles réveils au milieu de la nuit. De pleurs à essuyer, de colères à apaiser, de mains à guider, d’esprits à apprivoiser.. Et toujours seulement moi pour y faire face la journée, avec seulement deux yeux, deux bras, et ma maladresse quasi légendaire… j’ai paniqué. J’ai pleuré. J’avais toujours dit que « un », c’était ma limite, que je ne voulais pas qu’il y en ait deux, jamais…
Et puis deux, c’était rentrer d’office dans une grossesse plus à risque qu’une simple, sans compter que la division tardive de l’embryon pouvait donner lieu à des malformations qu’il allait falloir surveiller plusieurs mois durant…. une épée de Damoclès de plus au dessus de la tête, alors que de base, on en avait déjà tant…

Le rendez vous d’après, on apprenait que le placenta s’était logé sur le col, et sans ménagement on m’affirmait que je n’aurais pas le choix : ce serait une césarienne ou rien. Si « tout se passe bien » jusque là, bien sûr… C’est étrange, mais à ce moment là, l’idée de la césarienne m’a anéantie aussi. Je n’en voulais pas. Je n’avais jamais envisagé ça, et je me retrouvais sans aucun choix… On m’a aussi soudain déconseillée voire interdit beaucoup de mouvements, d’activités, etc… Trop risqués. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais déjà saigné, c’est rarement bon signe… Explosion du level de stress, chute drastique du moral.

Par dessus le marché, mon corps, déjà épuisé avant la grossesse, s’était effondré.
J’ai toujours été plus ou moins anémiée, en proie à des chutes de tensions, des vertiges, etc. mais jamais à ce point. La fatigue s’est étroitement liée à des nausées, saupoudrées de douleurs. De multiples « petits maux » de grossesse sont apparus. Pris séparément, j’aurais sûrement fait avec. Tous ensemble, j’ai eu du mal à gérer. Difficulté à respirer, perte d’équilibre, vertiges, nez qui saigne sans arrêt, seins sensibles et douloureux etc.. et pas le droit de sortir marcher pour respirer… mais je tenais encore.
Les douleurs se sont vite faites plus présentes. La fatigue plus lourde encore. Les nuits devenaient infernales. Manger avec les nausées était compliqué, et le peu que j’arrivais à ingurgiter, mon estomac galérait à le digérer, me rendant malade. Il a fallu un bon moment avant qu’on ne me donne finalement des comprimés pour annuler les nausées, diminuer les remontées acides, tenter de contrebalancer ma carence en fer, etc… du temps pendant lequel mon moral n’a fait que chuter, sur fond de monde covidé..

Puis il y a eu une brève accalmie pendant les fêtes. On passait les étapes les unes après les autres. Le risque lié au rhésus ? écarté. La trisomie 21 ? écartée. Les malformations ? Toujours aucune constatée. Le placenta ? Il se déplaçait. Etc… On montait les marches comme on monte un escalier, et l’espoir grandissait. On a commencé à se projeter, envisager les annonces, les prénoms… Apprendre le genre de nos bébés nous a donné un coup de boost, et je me sentais prête à endurer encore s’il le fallait…

Mais le rendez vous d’après, ça s’est gâté. Un problème est apparu, « à surveiller » comme le lait sur le feu : un syndrome transfuseur/transfusé.
On a été bien informés sur les risques, les solutions… Il y avait une infime chance que ça se résorbe tout seul, mais le plus vraisemblable était que ça allait continuer, auquel cas il faudrait agir. Pas trop tôt, pas trop tard, car l’intervention est généralement suivie d’une naissance précoce un à deux mois après, hors avant 23 SA, les chances de survie des bébés sont quasi nulles.
Ne rien faire c’était assurément perdre les deux bébés, mais « faire », c’était possiblement en perdre un, ou les deux quand même… mais aussi leur donner une chance à tous les deux, la seule possible… si dernière il n’y avait pas de séquelles, cardiaques ou cérébrales… si la poche tenait bon, si le syndrome ne revenait pas. Si, si, si … beaucoup de « si ».
Il a fallu envisager toutes les options, entendre les possibilités les plus affreuses, se projeter avec deux très grands prématurés, à supposer qu’ils résistent, ou avec un seul enfant vivant, et l’autre pas, mais dont il faudrait accoucher quand même en même temps…
Il a fallu « attendre et voir » ce qui se passait… voir les choses se détériorer, sentir l’espoir chaque fois être un peu plus rogné.
Pendant ce temps, la douleur ne faisait que monter. Marcher, même d’une pièce à l’autre était devenu presque une torture. Même au repos complet, je souffrais, au point de pleurer la nuit, car ça ne s’arrêtait jamais.
J’ai senti ma volonté presque se briser quand on m’a clairement dit « ce n’est pas une question de volonté madame. Si votre corps ne tient pas, on n’aura pas le choix« … C’est affreux de se sentir abandonnée, trahie par son propre corps. Je l’avais déjà ressenti à moindre échelle, mais ça n’avait jamais impliqué que mon corps puisse risquer les vies que je portais… et pourtant il fallait continuer à faire équipe avec ce corps qui se rapprochait du point de rupture malgré moi.. Nous étions quatre à souffrir. Mon conjoint, mes bébés, et moi. Et la volonté d’endurer ne suffirait pas.

On a renoncé aux jolies annonces. On a stoppé toute projection. « Attendre et voir ». Encore et toujours. Corps et esprits sur la brèche, tous les deux, car Lui me soutenait déjà depuis des mois et me voyait souffrir, impuissant, et moi effondrée complètement n’arrivant plus à y croire… Je crois qu’on avait limite commencé à se préparer à vivre un nouveau deuil…
S’obliger à y croire. Mais sur fond de campagne électorale aberrante dans mon pays. Lutter contre les pensées noires, les pensées de haine envers ces gens qui cherchent toujours sur qui taper, en oubliant ce qui devrait les rassembler… Écœurée… Il reste une chance que tout se passe bien, aussi infime soit elle, mais quel avenir pour mes bébés ? Ne pas y penser…

Mon hémoglobine qui continue à chuter. Première perfusion de fer. L’impression que ma tête peine à motiver mon corps à lutter. Culpabilité… S’obliger à respirer. Continuer, malgré tout, à espérer. Prévoir le bon comme le mauvais… C’est là qu’on a annoncé – pas comme on l’aurait rêvé – ma grossesse à la famille..

Tout s’est accéléré. À peine a t on prévenu nos proches de ce qu’on vivait que la situation s’est dégradée au point de ne plus pouvoir être ignorée. Il a fallu opérer. Il ne s’est pas écoulée 24h entre l’échographie qui l’a révélée et l’opération. On n’a pas eu le temps de trop y réfléchir. Lui m’a accompagnée à l’hôpital. Je revois encore son regard dans le mien, aussi proche que moi de pleurer. Pas le choix : s’accrocher, tenter, espérer…
Sans sa main dans la mienne, combien de fois aurais-je renoncé ?

L’opération a réservé quelques surprises au personnel soignant. Les bébés sont très liés : leurs cordons ont des connexions impossibles à couper à la racine. Ils ont fait de leur mieux, cautérisé ce qu’ils pouvaient, drainer l’excédent de liquide qui nous blessait tous les trois, sans pouvoir garantir que cela suffirait. Moi, j’ai passé un moment absolument horrible. Du liquide amniotique s’est échappé et s’est répandu dans mon corps. J’ai fait connaissance avec des douleurs encore inconnues qui ont dépassé tout ce que j’ai pu vivre auparavant, posées sur la montagne d’angoisse qu’on ait subi tout ça pour rien, que tout s’arrête quand même du jour au lendemain… Heureusement, Lui a été formidable de soutien…
Au passage, j’ai eu droit à deux poches de fer en plus, toujours pour contrer mon anémie sanguine. Je dois faire un contrôle prochainement. Si j’en crois mon énergie et mes vertiges, le « mieux » ne devrait pas être vertigineux… mais on verra.
Par contre, niveau échos & compagnie, le suivi les temps suivants a montré une amélioration presque miraculeuse : en un weekend, les bébés reprenaient une activité normale (récupération de vessie notamment..), les dysfonctionnements se sont équilibrés en une semaine et demi (notamment les poches qui faisaient la même taille), et en quinze jours – trois semaines, ils se développaient normalement : comme si rien ne s’était jamais passé. Pas de signes avant coureur de lésions jusque là. Un suivi restait nécessaire, par prudence surtout, mais c’était inespéré… une bouffée d’air frais sur nos espoirs malmenés.

Hélas après quelques jours de répit avec des douleurs légères, elles sont revenues. Supportables, mais parfois encore bien fortes. Mon bassin s’est écarté, m’empêchant encore davantage de marcher. Les douleurs qui étaient principalement dans le bas ventre et les côtes se sont généralisées, se sont fait plus fortes dans le dos, les hanches, etc. Là, je commence juste à ravoir des demis journées tranquilles, quand je ne fais pas que « dormir ».
Je suis tellement KO, mes journées font de 4 à 8h, le reste du temps je ne peux juste RIEN faire. Le moindre effort me fait mal, et ma capacité de concentration frôle le niveau 0. Je suis comateuse la plupart du temps, et c’est déprimant, parce que moi je ne m’ennuie jamais, et j’aurais des milliers de choses que j’aimerais faire ! Et jusqu’ici sur les périodes « réveillée », mon emploi du temps n’a jamais été totalement à moi : il y avait beaucoup trop de rdvs à gérer. On a été baladés sur plusieurs hôpitaux, on a vu X médecins différents, on a fait x prise de sang et échographies. Bien sûr qu’on est rassurés d’être bien suivis, mais c’est loin d’être une partie de plaisir pour autant… et ça aussi, c’est épuisant. Cela devrait enfin se calmer sous peu. À moins que le suivi à domicile ne prenne la relève : on ne sait pas encore de quoi il retourne exactement..

Comme je suis KO, je dis « dormir » pour ne faire suer personne, mais je devrais peut être offrir le détail de temps en temps, histoire de calmer les gens, car il y a autre chose de lassant.
Tout le monde (amis, famille, médecins, personne random) s’amuse à me dire « Profites-en, dors bien, après tu ne pourras plus !« . Bon sang, ce que j’en ai ras le bol de cette vanne de merde que la Terre entière s’amuse à faire à chaque fois...  mais je ne peux rien dire.
Qui a envie d’entendre : je suis fatiguée à un point non descriptible tout le temps. Je me recouche par incapacité à juste garder les yeux ouverts et parce que même assise j’ai mal au bout d’un moment, seule la position allongée me soulage à peu près (et encore trop souvent, j’y ajoute la bouillotte et les cachets). Je ne dors qu’à moitié, par lot de deux à quatre heures. Je suis réveillée à chaque fois, que ce soit parce que soudain je n’arrive plus à respirer, que j’ai mal et besoin de reprendre un cachet, parce que soudain j’ai la gorge sèche et en feu et que je dois absolument boire, parce que j’ai fait un horrible cauchemar sur ce qui s’est passé, parce que j’ai besoin d’aller uriner… C’est une valse de désagréments tous très glamour qui font que je ne suis jamais réellement reposée. Alors non ; je ne pense pas que – pour moi – ça soit bien plus éreintant « après », même avec deux bébés. On sera deux aussi, à les bercer, les rassurer, les aimer, à les nourrir la nuit tombée… Là je suis seule à gérer mes maux (et tant mieux ! Que mon amoureux soit préservé autant que faire se peut !). Non je ne me repose pas là. Je douille, moralement et physiquement, et je n’ai plus la place pour de l’humour sur le sujet. J’endure et je me tais pour ne pas devenir un boulet (je me sens comme tel même sans ça déjà). Et j’essaie de le faire sans hurler et pleurer de rage, d’impuissance, de lassitude, et j’en passe. Parce que j’ai toujours gardé pour moi autant que possible ce qui met mal à l’aise les gens, ou ce qui risque de me valoir leur jugements imbéciles dont je me passe bien..

Ma lassitude n’est plus dicible. Après des mois à avoir mal, à angoisser, et à ne pas pouvoir récupérer la nuit, c’est devenu difficile de supporter la douleur et tout le reste. Même malgré les bonnes nouvelles. Celles-ci me font tenir, mais n’empêchent pas que je vive mal le côté handicapant de cette grossesse que je n’ai encore pas pu réellement vivre. J’essaie que ça change, de modifier ma perception des choses, mais même la meilleure volonté du monde ne fait pas tout.

J’envie toutes ces femmes radieuses, qui s’apprêtent joliment, exhibant leur ventre rond, marchant d’un pas léger et fier… je voudrais être comme elles, mais cela ne m’est pas possible. Ce n’est pas que je ne veuille pas : je ne PEUX pas, je ne suis pas en état…
Je n’ai pas « l’aura » des femmes enceintes. Moi, pour ne citer que l’essentiel : j’ai des cernes sous les yeux, de l’acné partout sur le visage, les cheveux qui graissent vitesse grand V, le corps qui tremble et s’effondre en 2 minutes, et la démarche d’un canard boiteux quand je m’efforce de marcher en limitant autant que possible les douleurs qui m’assaillent… ça fait mélodramatique, mais c’est vrai.. si j’apprécie de porter mes bébés et que j’arrive à sentir la joie à l’idée de les tenir un jour dans mes bras, cela n’efface en rien ce fait (ridiculement) trop tabou que je sais n’être pas la seule à vivre : je déteste être enceinte. Cette grossesse m’aura volé des mois de vies que je ne récupèrerai jamais, et la seule chose qui atténue ça, c’est de le voir comme un investissement, un prix à payer pour avoir une famille que je tenterai de construire selon mon coeur. Je ne serais jamais une femme enceinte radieuse. Point.

Et puis, je me mettrai en valeur avec quoi ? Vous avez vu le prix des vêtements de grossesse ? Il reste deux mois à tenir… je ne vais pas acheter des habits coûteux pour si peu de temps… Je n’ai pas osé avant : cela m’aurait fait trop mal de m’acheter de jolies choses exprès, et d’ensuite les regarder, inutiles traces d’un espoir écrasé, si ça avait mal tourné… Pour ma défense, je ne l’ai jamais dit clairement ici, mais j’ai déjà perdu deux bébés dans le passé. Cette douleur je la connais trop bien, je ne l’oublierai jamais. J’ai limité tout ce qui aurait pu m’achever si elle m’avait été ré-infligée..
Je n’ai acheté que le strict nécessaire : juste assez de culottes/soutifs confortables pour tourner, 2 pantalons, et deux ceintures sensées m’aider avec mes douleurs (et à l’efficacité très mitigées). Le reste, c’est ce que j’avais sous la main et qui passait : t-shirt trop grand ou distendus, vestes de toujours qui ne ferment plus, etc…. je suis loin d’avoir la classe… heureusement mon adorable conjoint me dit quand même régulièrement que je suis belle, sinon j’aurais ajouté à tout le reste le désespoir de me sentir hideuse… C’est déjà très culpabilisant de se sentir comme ça quand l’univers tout entier s’attend à vous voir rayonner… Ce sera, je pense, un regret à porter..

Si cela c’était mieux passé, j’aurais rêvé d’avoir au moins une jolie tenue à exhiber… peut être même un élément de lingerie joli, pour me sentir un peu « sexy » même avec le gros ventre… j’aurais aimé prendre soin de moi, m’apprêter, pouvoir aller marcher, toute pouponnée… J’aurais même pris un de ces t-shirts trop classique indiquant clairement que j’attendais un heureux évènement : le genre de t-shirt qu’on n’a plus vraiment de raison de mettre une fois qu’on a accouché..
Du superflu agréable, mais du superflu quand même, surtout quand on pense à tout ce qu’il va falloir acheter ensuite, pour pas mal de chose en double. Rien que le prix d’une poussette… enfin bref. Tant pis, c’est ainsi. Je crois qu’il faut que j’accepte que, de toute façon, absolument rien dans ce projet ne sera passé comme imaginé. On aura déjà de la chance si tout finit bien et qu’on s’en sort à la fin avec deux petits êtres tout fragiles dont il faudra prendre soin..

D’ici là, il reste quelques examens à passer. Heureusement, les médecins sont confiants. On recommence à se projeter… et moi un peu à paniquer..
On se rend compte qu’il reste à peine deux mois pour tout préparer. Choisir des meubles, des sièges auto, prévoir le minimum syndical pour les nourrir et les habiller, etc… comment arranger la maison ? À quel moment Lui doit il poser ses congés ?? C’est quoi les démarches administratives à prévoir ? On est sur deux hôpitaux car personne ne sait lequel va nous accueillir vu qu’on ignore à quel moment les bébés vont arriver. Etc.
C’est une organisation que je trouve au final assez colossale parce qu’on y connaît rien. On a pas pris le temps de « voir venir ». On a pas discuté de ça avec qui que ce soit, ni même entre nous. On s’est focalisé sur les problèmes urgents et ce qu’on vivait. On ne se sentait juste pas de raconter ce qui se passait, et on avait trop peur pour plus s’investir dans tout ça… là je me sens dépassée, il y a tant à penser ! J’essaie de surtout penser matériel, et pas trop à l’accouchement. Avec tout notre passif, cela m’effraie, je ne sais plus quoi penser..

J’imagine qu’au fil des jours, si la douleur veut bien rester un peu tranquille, si la fatigue accepte de s’estomper même un tout petit peu, j’y verrais plus clair. J’imagine qu’à force de se projeter, on va retrouver une joie sans tâche à l’idée de l’arrivée de nos bébés. En attendant, ça reste quand même globalement très irréel et compliqué….
mais on finira bien par se débrouiller et y arriver.

Je dépose ça ici

By | Blabla / News, Dessins, Poésie / Texte, Réflexions | 3 Comments

Je me demande combien de fois au cours de ma vie, j’ai pu me rabâcher ou m’entendre reprocher que j’étais « différente », « anormale », « bizarre »…?
Combien de fois ai-je entendu des jugements sur moi que je ne comprenais pas tant ils étaient loin de tout ce que je me voyais ou tentais d’être ?
J’ai passé bien vingt cinq années de ma vie à me sentir totalement dysfonctionnelle, inadaptée à ce monde, incapable de le comprendre et de m’y faire entendre… Ce serait peine perdue de tenter de décrire la solitude dans laquelle j’ai pu évoluer, et les cicatrices que j’ai pu porter sans en faire part à quiconque… Je n’écris pas cela pour me plaindre, je pose un constat, et je m »interroge : tout aurait il pu être autrement ? le fameux « Si j’avais su », si « on » avait su…
Une question bien inutile, et pourtant, elle m’effleure souvent…

J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blog, à mots plus ou moins découverts (comme ici, ici, ou encore et surtout *), mais cette différence a été le pivot central de nombre de mes réflexions, de mes obsessions…

Il y a quelques années, j’ai entamé un long parcours. Un parcours encore inachevé dans le sens où pour faire reconnaître son débouché, j’ai encore beaucoup à affronter, quand j’en aurais le courage et la volonté. Un parcours incertain, éprouvant, en plusieurs étapes, attirée par un mot comme un papillon de nuit par la lumière trop vive d’un réverbère. Avec au coeur, un espoir insensé, un rêve émietté et discret : comprendre, et peut-être par la suite, pouvoir accepter… C’était devenu vital.

J’ai lu des centaines de pages web sur le sujet, des livres, des témoignages, j’ai regardé des vidéos en boucle, écouté des podcasts, fait des recherches toujours plus poussées… Qu’est-ce que j’ai pu pleurer, en lisant les lignes écrites par d’autres et qui pourtant, pour la première fois, à la perfection me décrivait, moi, l’anomalie inexpliquée… De découvrir que nous étions des milliers, tous aux mêmes épreuves confrontés, et dans la même solitude et la même inquiétude moulés, parfois pétrifiés..
Au fond de moi, j’ai très vite su. Je le sentais, même si j’avais infiniment peur de me tromper. Au début, mon conjoint a été le seul à ne pas avoir cherché à me détourner du chemin que j’empruntais pour obtenir une validation de mon ressenti et mon vécu.. même s’il ne comprenait pas tout, il a fait comme il fait presque toujours : il a accepté, parce que ça venait de moi, et que pour lui, ça ne changeait pas quoi que ce soit… ♥

J’ai eu de la chance, c’est allé « vite » pour moi. Certains attendent toute une vie une piste à remonter, ou une file d’attente qui daignerait les laisser passer… Je suis tombée au bon moment sur les bonnes personnes, en quelque sorte. Fin 2021, j’ai eu ma réponse. LA Réponse. Celle réponse que j’attendais désespéramment depuis si longtemps sans le savoir. Celle qui m’a enfin tendue un autre miroir… un que je pouvais croire.
Je l’ai accueillie avec force de larmes, de soulagement, et d’appréhension, mais ça a été une réelle libération.

♥ trois des livres posés sur la fin de mon chemin vers le diagnostic ♥

Toutefois, cette révélation reste suspendue à un fil bien ténu. Que je comprenne la raison de mes tourments est une chose incroyable, mais jusqu’ici, malgré une furieuse envie de le crier sur tous les toits, je l’ai beaucoup gardée par devers moi, comme un petit secret. D’abord parce que je suis un peu comme ça, surtout le temps d’intégrer les informations, et ensuite, parce que je manquais de foi. La foi de se dire « si j’en parle, mon interlocuteur l’acceptera« . J’ai fait quelques tentatives aux résultats variables… Quatre proches ont accepté l’information sans broncher (mes êtres humains préférés ♥). Deux proches ont accepté mais sans bien comprendre de quoi il retournait, ou avec une idée un peu biaisée de la chose et ses retombées. D’autres ont vivement protesté : c’est impossible, je m’invente des problèmes. Ah cette phrase… combien de fois l’ai-je entendu aussi ? Combien de fois ce que je pouvais être ou ressentir a-t-il été minimisé ou nié ?
C’est si fragile ce genre de choses. Les handicaps et les douleurs qui ne se voient pas sont si souvent ignorés, voire niés, et presque systématiquement mal jugés..

Aujourd’hui, le temps aidant, je commence à me dire que je m’en fiche, de ce que les gens pensent.. Je ne vais pas le crier sur tous les toits, mais je n’ai plus l’intention de me cacher. Je suis moi, avec ce fait impalpable qui me donne bien des faiblesses, mais aussi quelques jolies qualités que même le temps passé à me remodeler n’a pas pu complètement effacées…

Je le dépose ici, comme on poserait un objet délicat dans son carton tapissé de papier bulle et de coton.

Je suis Autiste Asperger.

Je suis toujours différente. Différente d’une norme, mais pas de milliers d’autres oubliés. Avec ma personnalités et ses fêlures, mais la même singularité que d’autres humains que je remercie d’exister. Je ne suis plus anormale, ou dysfonctionnelle, c’est ce monde qui l’est, par la façon non inclusive dont il a été pensé, et qui pourra(it) être améliorée, avec du temps, et de la volonté des deux côtés… J’ai toujours les mêmes défauts, les mêmes qualités, les mêmes problèmes à affronter, mais désormais : je sais.

Je ne suis plus complètement perdue dans un monde où je n’ai pas ma place. Je suis en recherche, dans un monde pas encore complètement exploré, d’un tout petit espace..

Après tant d’années à me haïr, moi l’anomalie dysfonctionnelle,
Si différente qu’elle s’isolait, quand elle n’était pas rejetée…
Prisonnière de sens et de pensées, d’effondrements trop réguliers,
Et en proie aux doutes sans arrêt.. Je peux enfin m’accepter.
Rudes furent mon errance et ma douleur confidentielles..
Gardez donc votre “normalité”, je cesse de m’y contraindre et de la désirer.
En réalité je peux accueillir qui je suis depuis que je sais..
Rien que moi, une Aspie qui -finalement- ne s’est pas si mal débrouillée.

May I always recall myself,
Even in bright light, there’s shadow,
even in dark night, there’s something to glow…

Bonne année 2022

By | Dessins | 4 Comments

Même s’il fait bien sombre parfois, je vous souhaite de toujours entrevoir -quelque part- la lumière.
Je vous souhaite de la Chance, beaucoup de chance, et une sacrée dose de courage.
De la Patience, de l’énergie, de l’inspiration, et de la Bienveillance.
Je vous souhaite des joies par milliers pour oublier les inévitables souffrances,
de surmonter toutes les épreuves, et de pouvoir inaugurer au besoin une nouvelle page.
Je vous souhaite de prendre soin de vous, et ensuite de pouvoir prendre soin de vos pairs ;
Je vous souhaite de toujours trouver la force nécessaire pour avancer, ou d’avoir toujours un coup de pouce..
Quoi qu’il se soit passé en 2021, puisse 2022 vous être douce.

Bonne année.

Fin 2021

By | Dessins, Liens | 2 Comments

En cette fin d’année 2021, je serais restée plus d’un mois bloquée au niveau création. Couture, broderie, écrits, dessins… rien ne venait. Je l’ai particulièrement mal vécu. Après les tsunamis d’émotions qui m’avait mise à genoux en Octobre, j’ai dû gérer ce ras-de-marée là qui dévastait ma confiance en moi. Une fin d’année compliquée. Psychologiquement, comme physiquement. Passer des mois sans jamais être en forme, c’est dur..

J’ai maintenu la tête hors de l’eau tant bien que mal. Les streams notamment m’ont beaucoup aidée. Les miens, et ceux des autres que je suivais. Bien sûr, j’ai aussi eu un soutien primordial de la part de mes très proches, heureusement.

De part et d’autre de cette période vide et lourde, j’ai quand même pu produire quelques petites choses. Faisons un petit point ensemble histoire de finir l’année sur un peu de positif.

Pas de photographie : je ne suis pas sortie, ou jamais pour faire des photos. Je n’étais pas en état.
Pas de véritable pixel art. Pas de couture (tous les projets ont été laissés à l’abandon). Le seul truc approchant le pixel art que j’ai fait, c’est un portrait pour une copine (qui ne servira jamais, mais j’avais eu envie de le faire).

J’ai aussi fait quelques émotes pour le plaisir de m’entraîner et pour essayer de faire des trucs utiles.
Une olive pour KrysaliaH (qui l’a mise en service et m’a citée plusieurs fois ♥). Un « chanut » pour IGot, mais les gens ayant préféré l’ancien il ne servira pas. Un dinosaure (récupération d’un dessin existant) et un « Gromi-coin » pour la chaîne du poto Gromissaire (il les a mise en service et a même mis mon pseudo dans le nom, j’ai failli en pleurer je ne sais même pas pourquoi ça m’a touchée autant ♥ ). Un « RIP » et une émote « câlin » pour ma propre chaîne : le premier pour quand je meurs en jeu ou quand j’enterre quelque chose en stream (comme l’élocution qui part souvent très loin avec moi) et la seconde parce qu’il n’y a jamais trop de douces pensées dans le monde.

Travaux Manuels.
J’ai réussi un seul des cadeaux faits mains que je préparais : un attrapeur de rêve pour ma soeur. Je ne sais pas s’il lui a vraiment plu, mais j’ai fait comme j’ai pu.
Gribouilles :
J’ai fait quelques requêtes tout début Novembre. J’en avais fait gagner six par loterie (j’ai tiré au sort parmi les requêtes que j’avais reçues, chacune ayant son numéro). La dernière a marqué le début du blocage. Plus je dessinais et moins j’étais satisfaite.. Seules les deux premières me plaisent bien :

Un dessin rapide lié au stream de IGot, parce que j’aimais bien l’idée que son petit renne et sa licorne finissent par échanger leur repas.Un avatar version basique et version Noël pour Leia qui s’est lancée sur Twitch à son tour.

Après, je me suis débloquée juste avant Noël, tout doucement, avec de petits dessins qui n’ont l’air de rien, mais qui ont été une bouffée d’oxygène et d’espoir. Un dessin rapide pour Ninoche (que je dois encore lui envoyer), une gribouille pour Assistant dont le précieux soutien sur ma chaîne méritait bien un petit quelque chose. Une esquisse ambiance de Noël et enfin un dessin sans prétention pour Magnet_Boy, un collègue Twitch qui a permis de bons moments et de belles rencontres cette année.

Textes.
J’ai jeté la plupart des choses que j’ai pu écrire. Je n’ai gardé que deux papiers de quelques lignes à peine chaque fois. Je les dépose là :

Quelques mots pour dire que ça n’allait pas bien, un jour chagrin :

Mettre des paillettes sur les larmes.. parce que c’est plus joli.
Parce qu’on veut pas que les gens s’attardent sur la pluie.
Attendre que le vent souffle, et chasse les nuages,
Sourire de désespoir jusqu’à tourner la page..

(sur mon twitter j’ai remplacé le début de la dernière phrase par « Maquiller le miroir ».)

Quelques lignes qui sont venues après la première esquisse qui a réussi à sortir (passé plus d’un mois de blocage) :

Et tout d’un coup, comme un filet de vent à peine perceptible, une impulsion.. 
Un geste flou, mais sans cette peur incoercible, un bref instant de concentration. 

 
Et la main dessine contre toute attente, rien de bien fou, mais un truc qui ressemble à quelque chose malgré tout. 
Et l’âme s’en retrouve toute pantelante, c’est comme inspirer après un temps en apnée, dans un en-dessous.. 

 
Cela ne signifie pas que tout est terminé, que l’inspiration est revenue pour rester, que tout va bien, 
mais c’est un pas pour avancer, un morceau d’espoir à savourer, pour envisager demain.

Et puis voilà, c’est tout, mais l’essentiel, c’est qu’il n’y ait pas rien… et pour mieux visualiser, voici les résumés en Art de l’année pour les photos & dessins. Même s’il n’y avait qu’une seule image dans le mois, je l’ai mise. Je visualise sans mal les mois qui ont été les plus compliqués pour moi, mais ils sont là, je les ai traversés :

Niveau Bilan 2021…

Je jette les doutes, la peur de ne jamais trouver la sérénité, les périodes de douleurs, les angoisses et les pensées sombres, les déceptions et les échecs, le blocage, l’ambiance globale du Pays noyé dans les haines et le covid.. mon éco-anxiété et mon impuissance face à l’injustice ont rarement autant crevé les plafonds, ce qui ne m’aide absolument pas à aller bien, mais je n’y peux rien. Je ne sais pas ne pas voir ou entendre, même quand je m’isole, tout me parvient et m’imprègne…
Je conserve les petites victoires : réussir à maintenir certaines relations, me relever tant bien que mal chaque fois que je tombe, les dessins achevés, les lives partagés, le giveaway sans prétention sur ma petite chaîne qui m’avait boostée pour plusieurs jours, le tri et le rangement qui ont avancé un peu dans la maison, ce genre de choses.

Je sais que 2022 s’annonce compliqué aussi, par certains égards de façon identique à 2020 et 2021 (avec ce satané virus notamment, et à cause des élections qui me fatiguent d’avance), mais aussi différemment (je vois venir une nouvelle épreuve dont j’ignore l’issue, redoutant de façon différente chaque possibilité)… mais je vais m’accrocher comme je peux… et faire de mon mieux, en espérant que cela suffira…
J’ai pris ma décision je pense. Fin Août 2022, si je suis toujours là, je me paie un nouveau tatouage. Le premier marquait mes épreuves, celui-ci marquera le fait que je les aurais traversées… je le mettrais bien visible, pour que chaque fois que mon regard tombera dessus, je me souvienne que j’ai fait un choix il y a 2 ans : celui d’essayer de vivre, et de me faire une place à moi dans ce monde pour moi un peu trop fou, mais si beau malgré tout.

Texte: Un peu de rien.

By | Poésie / Texte | 4 Comments

Cela ne m’était pas arrivé depuis… à ce point : jamais, en fait. Ou alors, j’ai oublié.
Cela m’arrive désormais, d’oublier…

Me poser devant mon écran, et ne rien vouloir y faire dessus. Ni jouer, ni dessiner. Ni lire, ni écrire. Ni rechercher, ni contacter… rien. Rien qu’une immense flaque de néant au bout de mes envies.
Je regarde autour de moi, et c’est la même chose. Les esquisses en attente depuis le début du « Art Block », la couture délaissée, les livres abandonnés… le rangement qui s’impatiente, le ménage aussi. Je n’ai juste envie de rien faire. Rien du tout.

Je suis sans doute plus fatiguée que je ne le pensais, mes souhaits noyés dans une torpeur démesurée.

Tout est terne en dedans.. Dehors, le ciel est gris-blanc. Rien ne s’y passe, rien n’y bouge, tout fait semblant, en suspens… Dans les rues en contrebas, à demi noyée par la bruine, quelques personnes s’agitent. Il y a un évènement en ville. Moi, je n’irai pas. Trop de monde, trop de bruit, j’ai besoin de tranquillité, de solitude choisie.

J’ai dormi plus que de raison aujourd’hui, migraines et cauchemars ont pourri ma nuit. Me lever a représenté un considérable défi… je n’ai pas même le goût de m’alimenter.. Je verrais ce soir, quand Il sera rentré… après tout, ce n’est pas comme si j’allais m’activer…
Je sais que plus le temps sera morne et plus il en sera ainsi. Mon énergie en chute libre, et le moral aussi, si je ne cultive pas les petites satisfactions avec précaution.. Spleen de fin de saison. Déprime de fin d’année, sur fond d’une dépression qui a toujours plus ou moins été. J’ai commencé à m’en libérer, mais par moment, les symptômes reviennent me hanter.

Novembre et Décembre… ce sont deux mois qui voient presque systématiquement ma forme s’envoler. Le froid, le manque de Soleil, l’absence de papillons dans les bosquets… je dois trouver des moyens de compenser pour ne pas m’écrouler. À croire qu’une part de moi est née pour hiverner… j’aime la consonance de ce mot « hiverner »..
Mais cela ne se fait pas, dans l’univers des humains. Il y a à faire toute l’année, sans jamais s’arrêter. C’est pesant par moment si vous saviez…  D’ailleurs, j’ai parfois l’impression que c’est de plus en plus lourd pour moi chaque année..

Aujourd’hui, même si c’est un peu malgré moi, je prends le temps. Le temps de ne rien faire. Le monde des ‘miens’ à deux pas, et pourtant, infiniment lointain déjà. Mes réflexions d’habitude si tourbillonnantes pénètrent l’oeil du cyclone au fond de moi. C’est flou, c’est las. En suspension dans un espace qui n’existe pas, où le temps n’est plus qu’une illusion qui s’effiloche au moindre geste, à la moindre pensée qui se déforme et disparaît avant même que d’avoir été pleinement formulée. Un univers rien qu’à moi qui ne se décrit pas.

J’observe cette sensation de trop-plein qui sonne comme du vide, à l’intérieur comme à l’extérieur. Je réalise avec distance tout ce qui traverse mon esprit et mon coeur. J’accepte que ce jour soit réservé au constat factuel de ces ressentis, et je chasse toute la culpabilité qui essaie de m’enserrer. Je respire, en flottant intérieurement au grès du vent..

Par la fenêtre, je vois le jour qui déjà décroît, et je me souviens que ces nuits précoces m’ont toujours plus ou moins vidée. C’est dur pour moi, de voir les jours raccourcir. Même quand je n’en profite pas.. Il y a quelque chose qui ne va pas dans ces moments là… mais quoi ? Peut-être le fantôme de cette impression qui m’a si souvent peinée, piétinée ou affolée : « ma vie me passe à côté. Je n’ai jamais vraiment existé« . Tout est plus saisissant dans la langueur des jours blancs.. Peut-être autre chose, qui n’a pas encore de nom dans mon inconscient..

J’arrive à saisir la beauté de l’arrière-saison qui souffle sur la terre, à aimer la présence de la Nuit autour de chaque lumière.. J’arrive à affectionner ce ciel de plomb et de coton et sa mollesse, le froid qui fait tressaillir le corps à la moindre caresse. J’ai l’âme qui vibre au premier flocon, et dès que dans l’air des rues fusent des chansons.. mais quelque chose à l’intérieur de moi, dans tout cette lente et pure transmutation, ne trouve pas sa place, et je voudrais pleurer de n’en pas saisir la raison..
Elles sont lourdes à porter, les larmes qui s’interdisent de couler, bloquées par des croyances passées.

Il y a dans les nuages quelques nuances timides, qui peu à peu se fadent totalement. Dans le ciel, un grand silence à peine masqué par la rumeur confuse de la ville. En ouvrant, une goulée d’air froid vient me mordiller la joue. Le vent sent le gris, et l’amorce de l’Hiver. Je ferme les yeux pour mieux le goûter, comme si une part de ce qu’il est me comprenait.
Je tremble et referme, puis enroulée dans un plaid bien chaud, je pose le front contre la vitre.

Je touche du bout de l’être l’absence d’actions, et toujours mes pensées errent, lointaines, floues, presque inexistantes elles aussi..

J’attends. Je regarde le simulacre de couleurs alentour s’estomper, jusqu’à se noyer dans ce bleu nuit qui engloutit les montagnes et tout le paysage en arrière plan. Je regarde disparaître chaque élément dans son manteau de velours, jusqu’à me lasser de ce sombre monochrome qui remplace la vie dans l’embrasure de ma fenêtre, seulement piqueté de jaune par quelque lampadaires vacillants..
Je décolle mon front de la vitre et je tire les rideaux. Combien de temps s’est il écoulé ? Je ne saurais le dire. Tout est calme en dehors du roulement des voitures qui passent régulièrement. Autour de moi tout reste vide et inanimé.

Je n’ai rien fait de mon après midi, mais ça n’est pas grave. Il y avait en moi un gouffre assoiffé de néant qui me hurlait de tout mettre sur pause, et je lui ai donné ce qu’il voulait. Demain, le jour traversera peut être ma fenêtre pour arriver jusqu’à ma peau, et je ressentirai ‘autre chose’, et l’envie et la Vie, peut-être, pointeront le bout du nez..?

En attendant, les mots emmêlés, je note dans un coin cette étrange journée. Il y a quelque chose à y capturer. À garder, ou relâcher…
Quoi exactement ? Ça… Qui le saurait ? Parfois les mots ne sortent que pour s’envoler, sans rien nous laisser.

Résumé de l’Inktober 2021

By | Dessins | 3 Comments

Cette année, j’ai voulu faire le challenge de l’Inktober : un dessin par jour à l’encre, selon un thème donné.
Comme certains thèmes ne donnent parfois rien chez moi, je me suis aussi penchée sur d’autres versions de ce challenge de façon ponctuelle : Le #bouquetober (de Panpeekaboo), le  #Nyoctober (de Nyo chaque vendredi uniquement), le #witchtober (une sorcière par jour, j’ignore de qui c’est), et au pire du pire : pas de thème, ou bien arrangé à ma sauce.

Mes dessins : de qualité variable, mais dont la quasi totalité sont des « quickdraw », des dessins « rapides », c’est à dire qu’ils m’ont pris moins d’une heure trente.
Lorsqu’une fleur 🌸 apparaît, c’est que j’ai utilisé un thème du bouquetober. S’il y a une palette 🎨 , alors c’est qu’il s’agit d’un thème du Nyoctober. Enfin pour signaler les petites sorcières, il y a des petites étoiles ✨.

J’ai mis en gras et indigo les numéros de ceux qu’au final, je préfère dans mes gribouilles. Et vous, un ou des favoris ? ^^

01 🎨 02 ✨ 03 04 ✨ 05
06 07 08 🎨 09 10
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Inktober 2021

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23 24 25 26 26 bis ✨
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Et voilà, pour une fois, c’est un challenge complet que j’ai réalisé ! J’ai fini de rédiger mon article le 31 Octobre à 7h43, je n’avais plus qu’à le poster ! J’ai tout fait dans les temps ! Et j’en suis bien contente ! 😀

C’est un excellent exercice, mais je suis tout de même ravie de le voir s’arrêter car mine de rien, ça mange du temps ! ^^

Aller, c’est parti pour Novembre maintenant, je me demande bien ce qu’il va s’y passer ! À bientôt !